Lorsque j’étais toute petite, j’étais, comme il se doit, très naïve.
Je pensais, par exemple, lorsque ma mère annonçait, le matin de Noël, qu’elle allait préparer la farce, qu’il allait se produire quelque chose d’amusant pendant le repas qui allait suivre.
Et j’attendais.
L’année où j’ai appris qu’elle se mangeait, cette farce, a du voir commencer pour moi une suite de déceptions. Comme il se doit aussi, pour pouvoir grandir.
De la même façon, quand j’entendais tous ces adultes prononcer leurs voeux de “bonne et heureuse année”, j’écoutais attentivement.
J’ai du ensuite observer beaucoup pour comprendre à quoi tout cela pouvait être rattaché et parfois, servir.
Parallèlement, inconsciemment, j’avais développé une aversion réelle pour cette séance de voeux qui n’en finit pas. D’autant que chez nous, en France, ça dure un mois !
J’ai développé alors une capacité incroyable pour éviter, voire justifier mes “non” voeux. Je crois avoir souffert trop souvent de voeux non réalisés !
Ceux qui me connaissent bien, en cette période fin d’année, y vont sur la pointe des pieds pour m’en parler, annoncent à l’avance qu’ils savent ma réticence à cela.
Alors que je les sais sincères et que je reçois leurs voeux avec grand plaisir, il faut le préciser.
Mais alors, pourquoi, moi, je ne parviens à émettre ces voeux que sur la pointe des mots ?
Emettre des voeux, c’est finalement, la meilleure façon pour dire, lorsqu’il ne s’agit pas de voeux conventionnels, à ceux que l’on aime, que l’on a envie qu’ils soient heureux. Qu’on les aime, tout simplement.
Mais la pudeur avec laquelle nous vivons au quotidien nous fait dire qu’on leur souhaite “des bonnes choses”. Et ça, c’est pour moi, très difficile à dire.
Parce que je sais que je ne suis pas “responsable” de ce qu’il va advenir de l’année qui arrive. Je ne suis pas une magicienne qui, en disant ces mots, va provoquer un vent de bonheur sur tous ces gens qui m’entourent, que j’aime et que je voudrais, bien sûr, voir heureux tous les jours de l’année.
La seule chose que je puisse faire, c’est les aider si ils en ont besoin, les aimer parce qu’ils en ont besoin, les protéger pour ceux qui en ont besoin, les faire rire, leur amener un peu de ma bonne humeur, leur tendre la main quand ils en ont besoin, les écouter s’ils le veulent, partager avec eux. Mais tout cela, à mon simple niveau. A un niveau “humain”, donc, fragile. Mais, au moins, tout cela, chaque jour de l’année et pas seulement pendant le mois traditionnel de Janvier.
Il n’empêche que je suis partisante de souhaiter que le monde soit meilleur, et pas seulement demain matin, mais aujourd’hui, comme je le faisais aussi hier. Il nous appartient à tous de faire en sorte que la planète tourne dans le bon sens même si nous ne sommes responsables qu’en partie, voire nullement de certains dysfonctionnements.
Avec nos voeux, nous n’arrêterons pas les processus déjà en route et ineluctables, mais nous pourrions peut être faire en sorte que cette vie que nous traversons soit meilleure, que nous laissions de côté des sentiments qui nous polluent au profit de ceux qui nous rendent heureux.
La seule bonne résolution que je prends pour l’année à venir, c’est de continuer à être proche de ceux que j’aime, à être attentive à eux. Et s’il est des voeux que je formule à chacun de vous qui me lisez, c’est de donner le mieux possible, tout l’amour que vous pouvez à ceux qui en ont besoin, au quotidien, d’entretenir des relations saines et équilibrantes et de chasser les oiseaux de malheur qui ne croient plus en rien et tentent de vous convaincre d’en faire autant !