Un silence assourdissant

A la dernière page d’un livre, parfois, on se sent différent. 

C’est ce qui m’est arrivé hier, à la fin de cette histoire vraie : Un silence assourdissant de Renée GUILLAUME.

Cette mère raconte tout d’abord son enfance, entourée de parents bien sous tout rapport. En apparence, pour l’extérieur seulement. Elle parle de ce père tyran, de cette mère soumise, de ses souffrances, de ses errances dans son monde à elle, seule. Elle semble avoir glissé sur la vie. Et pourtant, il se dégage de cette femme une force incroyable. Force qui va lui permettre de passer au delà du despotisme de son père pour tenter de sauver son fils.
Elle met au monde un enfant qui, à l’âge de 2 ans environ, va se refermer dans son monde intérieur et ne plus communiquer avec son entourage. Il devient autiste.

Elle raconte, comment, à cause de son éducation, elle a laissé faire les choses, en pensant toujours bien faire puis comment elle s’est battu pour faire sortir de son mutisme, son enfant.
Ce garçon, au prise avec ses peurs, ses angoisses, ses traumastismes, parviendra à communiquer et dire les terribles vérités liées à sa maladie. (Lire la suite…)

La difficulté de communiquer

Avez vous remarqué combien la critique est facile ?
Avez vous remarqué que les gens en général sont plus prompts à relever le négatif que le positif  et surtout, à le dire ?

Si on fait un achat et qu’on n’est pas satisfait, évidemment, on le fait savoir au vendeur. Légitime, on a payé pour.
Mais combien sommes nous à dire au vendeur que l’on est ravi de son investissement ?

Inutile pensent certains car normal. On paie, on doit en avoir pour son argent. Peut être. Mais comme le monde tournerait mieux si on apprenait à dire tout aussi facilement son plaisir que son déplaisir.

je me suis demandé de quoi cela pouvait venir. Il me semble que la pudeur qu’on nous enseigne y est pour beaucoup. Interrogez vous sur le nombre de choses gentilles que vous dites à votre entourage proche par rapport aux reproches largement diffusés qui vous semblent plus faciles. Rien qu’à ce niveau là, il faudrait tout réapprendre !

Cette pudeur vient en grandissant. On apprend à prendre de la distance par rapport à nos parents et inversement.
Si vous avez des enfants en bas âge, normalement, vous en êtes au stade des compliments et des émerveillements dits.
Tout doucement, vous glisserez vers le stade des reproches, soit parce que l’adolescence se passe mal, soit parce que vos points de vue divergent, soit parce que votre enfant ne devient pas ce que vous auriez aimé qu’ils deviennent.

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Les hasards nécessaires

Je termine un livre fabuleux de Jean François Vézina : Les hasards nécessaires.

Il nous y parle de ces événements qui se produisent dans nos vies sans que l’on comprenne forcément le pourquoi de la chose ; il nous parle des synchronicités un peu magiques qui peuvent émerger dans notre histoire.

Il nous parle aussi de ces dates anniversaires qui n’en finissent pas d’amener leurs lots d’accidents, graves ou moins graves.

Il s’agit en quelque sorte d’une dette familiale où chacun hériterait des histoires de ses ancêtres et reproduirait des chocs traumatiques aux mêmes moments qu’ils ont été vécu alors.
Je me suis intéressé pendant un moment à ces histoires impressionnantes d’héritages peu communs.
Il est un aspect que je n’avais pas encore vu, c’est celui de la “névrose de classe”.
Il ne faut pas dépasser le niveau social de ses parents, de façon inconsciente.

Cela amènera à des malaises avant ou pendant les examens ou à des échecs répétitifs malgrè une bonne préparation. Jusqu’où peut aller cette loyauté !
Dramatique lorsque l’on sait qu’il existe aussi des parents qui redoutent justement ce dépassement de leurs enfants. Image négative que leur renverrait un succès de leur progéniture !

Autre type de scénario défaillant : les rencontres amoureuses qui échouent.
La peur inconsciente de déplaire à ses parents, la fidélité qu’on pense leur devoir, certainement aussi, l’interdiction que l’on peut se donner d’être heureux en couple si l’un ou l’autre des parents ne l’a pas été.

Néanmoins, tout n’est pas inéluctable. Il existe en psychologie le principe des trois R : Répéter, Reconnaitre et Réparer.

Dès lors qu’on a pu identifier ces scénarios, il est tout à fait possible d’y remédier.

N’hésitez pas à interroger vos parents, grands parents, sur les dates importantes qui jalonnent leur histoire. Il se pourrait bien qu’elles viennent se réveiller en vous si rien n’a été réparé avant. Ou creusez votre mémoire sur des événements importants dans votre vie.

Jean François Vézina prend l’exemple de ce couple qui découvre une histoire identique dans leur filiation : un de leur arrière grand parent était né de père inconnu.
Ils ne se sont pas rencontrés par hasard. Ce n’est pas non plus un hasard s’ils n’ont pu avoir un enfant …

Dans un autre domaine, toujours avec la notion de synchronicité, il explique également comment, par notre propre histoire, nous nous créons une sensibilité particulière face à des événements particuliers.

Je le cite : “Une personne que l’on a abandonnée très jeune développera une sensibilité particulière à l’abandon, ce qui pourra dans certains cas la conduire bien malgré elle à attirer des gens qui vont encore l’abandonner”.

S’il est parfois un peu compliqué dans les termes qu’il se doit d’expliquer pour nous parler de la synchronicité, Jean François Vézina nous offre là un livre fabuleux qui peut permettre de découvrir que les rencontres ne sont parfois pas le fruit du hasard mais des “appels” à comprendre certaines choses de notre existence.

La mise en garde qu’il nous fait reste valable ici : ne cherchez pas non plus, dans toute rencontre, un message particulier !

Une saine histoire d’amour

Je vous ai déjà parlé d’un auteur que j’apprécie au plus haut point, médecin, psychologue, psychanalyste, qui enseigne à l’université Paris V et dirige le centre psychothérapeutique Philippe Paumelle : Alain BRACONNIER.

J’ai terminé récemment un de ses livres : Mère et fils.
Tout d’abord, il rend un hommage superbe aux mères. Ces mères que l’on rend si souvent responsable des frustrations de leurs enfants, de tout leur mal être. Ces mères qui deviennent coupables d’avoir élevé avec leur bonne dose d’amour le plus souvent, leurs fils, parce que l’un ou l’autre a dérapé.
Il dit :

 ”Loin d’être un obstacle ou un fardeau, l’amour d’une mère pour son fils est non seulement une nécessité, un besoin fondamental, mais une condition de son bon équilibre et de sa réussite d’homme.
Parce que les mères aimantes et fortes permettent à leurs garçons de devenir à la fois forts et sensibles.” (Lire la suite…)

Pile ou face ?

J’ai découvert l’excellent Daniel PENNAC à travers un de ses derniers livres : Chagrin d’école.

 

Cet auteur me plait pour plusieurs raisons. Il se raconte, il raconte les autres, il le fait bien, on le lit avec plaisir.
Et le plaisir vient aussi des vérités qu’il écrit alors que d’autres les taisent.
Il vient encore de l’humour dont il sait user.

 

Il raconte dans ce livre une anecdote très intéressante :  (Lire la suite…)

Cas d’école # 6

Pierre a la cinquantaine. Il est établi de façon “classique” : marié, deux enfants, un métier.
Il est un mari modèle, aux petits soins, prévenant, peu exigeant.
Il est un père modèle, attentif à ses filles qui l’adorent, qu’il adore.
Tout semble aller pour le mieux.
En surface.
Pourtant Pierre sent un besoin particulier, parce qu’il trouve à un moment donné, une personne particulière, de se confier.
Il avoue ne pas être si heureux car il lui manque l’affection de son épouse.
Elle a pourtant annoncé il y a bien longtemps (le répète sans doute aussi régulièrement) qu’elle n’est pas une “tendre”.
Aucun câlin alors que lui, il en a un besoin peut être plus important que ce qui devrait / peut être parce qu’il n’en a justement pas.

Pierre, doucement, au fil des années prend du poids.
Jusqu’à ne plus être l’homme que la femme a connu. Jusqu’à faire dire à cette femme qu’elle ne le reconnait plus.
Jusqu’à en souffrir.

Pourtant, elle ne fait rien pour l’aider à maigrir, lui concocte des petits plats  riches tout en lui reprochant d’en manger.
Elle n’intervient que superficiellement et lui, ne se sentant pas soutenu, ne change rien à ses habitudes.
Il espère qu’elle l’aidera en cuisinant diététique, elle a les talents pour, mais n’en fait rien.

Pierre a eu une maman très affectueuse, qui s’est occupé de lui à l’extrême jusqu’à lui porter le café au lit pendant des années.
Pierre a eu une maman sans doute étouffante. On peut imaginer que Pierre a eu un trop plein d’amour.
D’ailleurs, alors qu’il a un niveau intellectuel plus que correct, qu’il raisonne de façon claire et sensée, il lui arrive d’avoir des comportements “enfantins”.
Dès lors qu’il reçoit de l’affection, le petit garçon en lui se réveille.

Alors, pourquoi Pierre s’est-il laissé grossir ?
On peut se dire que c’était sa façon à lui de montrer qu’il existe, d’appeler et de se montrer.

Pierre est un homme très affectueux, sincère dans ses relations, entier. Il donne, il aime recevoir.
En amitié, il a une sorte d’exigeance qui, loin d’être malsaine, est peu ordinaire.
Il pourra dire d’ailleurs que certaines relations amicales ressemblent à une addiction.

Il n’est pas loin d’avoir tort.
Pierre recherche à se nourrir comme avant, d’affection.
Il a substitué à l’affection absente de son épouse la nourriture qui “compense”.
Celle que l’on relie, enfant, inconsciemment, à l’amour.

Ce sont ces fameuses nourritures affectives.
Le poids qu’il a pris est sans doute proportionnel à la souffrance qu’il a eue (qu’il a) de ne pas avoir cette tendresse tant espérée.

Je cite ici un extrait du livre de Alain Braconnier : Les bleus de l’âme.

“… nous retrouvons ici l’importance des “nourritures terrestres” qui se confondent avec la spère affective. La nostalgie d’un fils envers les nourritures préparées par sa mère symbolise à l’extrême le “paradis perdu” de son enfance et l’attachement à la mère nourricière.”

Que faut-il pour que Pierre puisse retrouver un corps dans lequel il se sente bien ?
Il doit apprendre à renoncer.
Il doit comprendre.

Pierre doit comprendre pourquoi il a fait ce choix d’une épouse aussi peu tendre.
Il doit apprendre à mieux se connaître. Il doit apprendre surtout à renoncer consciemment à exiger quoi que ce soit de qui que ce soit.
Il doit renoncer à cette quête affective  en se consolidant de l’intérieur.

Je t’aimerai toujours !

Je t’aimerai toujours ?

 

Qui, à l’aube d’une rupture, n’a pas prononcé cette phrase, lourde d’émotions, pour signifier à l’autre que son départ nous pèse autant qu’il nous fait mal ?

Qui, surtout, ne l’a pas pensé ?

 

Hélas … ou heureusement …

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Publié dans:  on 29/05/2009 at 17:26 Commentaires (13)
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Changer d’avis grandit parfois …

S’il n’est pas évident d’étudier la psychologie générale, il l’est encore moins de la psychanalyse.

Depuis des années que je lis des ouvrages traitant de psychologie, je me dis que je suis sans doute plus familiarisée avec ces notions ou qu’elles sont plus légères.
Ma curiosité, dans un premier temps, m’a poussée à lire Freud.
J’ai lu 3 bouquins et je suis restée sur la même conviction : on ne peut pas tous avoir ces fameuses pulsions dont il parle, ça ne me semble pas possible.
Je me suis demandé, afin d’être la plus objective possible, si, par hasard, ça ne me renverrait pas à quelques complexes /phobies / névroses  ( … ) cachés, inconsciemment.

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Publié dans:  on 28/05/2009 at 17:15 Commentaires (2)
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Amour inconditionnel

Je rencontre un jeune adolescent régulièrement. Il n’est pas habitué à me voir. Avant, il avait affaire à un homme.
Il tente par tous les moyens de me provoquer ou de se mettre en avant.
Il arrive parfois habillé comme un adulte (à l’inverse des ados, c’est à dire avec une cravate et un pantalon de ville par exemple).
Il tente régulièrement de me faire croire qu’il en sait plus que quiconque sur n’importe quel sujet.
Il n’arrive pas à avoir des relations d’égal à égal avec les jeunes de son âge, d’ailleurs, il évite de les fréquenter.

Tantôt il est très agréable, tantôt, il est exécrable.

Il m’apparait évident que ce garçon cherche un référent masculin pour se positionner face à la gente féminine.

Il me dit (enfin !) dernièrement qu’il a des rapports épouvantables avec son père depuis des années et que sa soeur a une place de “choix” dans la famille.

Ce garçon a sans doute mûri trop vite, à force de jouer à l’homme avant l’âge.
Pour lui éviter qu’ un jour il ne fasse sa “crise” d’adolescence dans la famille qu’il aura construite, il lui faut sa part de jeu et d’insouciance. Il a besoin qu’on l’autorise à se regarder avec ses propres yeux. Non qu’il se forge une image pour tenté d’être vu.

Cela m’amène à me demander comment un père ou une mère peut donner plus ou moins de valeur à l’un de ses enfants.
Je lisais dans le livre de Serge Ciccoti que cela va même plus loin. L’attention portée à un enfant est différente selon la “beauté” de l’enfant !

J’ai connu un homme qui, à sa naissance, a été rejeté par son père qui le trouvait laid. Il ne l’a jamais aimé et l’a même détruit plus que construit.
Toute la famille riait de tout ça.
Il cherche depuis tout petit à se faire aimer en se créant des relations non basées sur le “don” mais sur l’attente du “recevoir”.

Les enfants portent parfois le fardeau des espoirs déçus de leurs parents … toute leur vie.

Dès lors qu’ils comprennent, la porte est ouverte à une vraie construction.

Hommage

Connaissez vous le syndrome de Stockholm ?

Moi, je le découvre en lisant Femmes sous emprise de Marie France Hirigoyen.

Elle y explique, en s’appuyant sur ce fameux syndrome, le phénomène d’attachement de la victime à son bourreau. Pour le cas présent, de la femme “battue” * à son mari.
[NB : elle a pris sciemment la femme comme exemple mais elle sait, comme moi, comme vous, que l'homme peut aussi être "sous emprise".]

Combien de fois ai-je entendu que si la femme se faisait battre, c’est qu’elle était maso ?!
Chaque fois, j’ai eu envie de voler dans les plumes de ceux qui prétendaient détenir une vérité pareille ! Quand on ne sait pas …

M.F. Hirigoyen explique qu’une femme qui est violentée perd ses moyens de défense progressivement mais qu’en plus, elle développe un fort instinct de survie et une stratégie d’adaptation.
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