L’effet Barnum

L’effet Barnum (expression attribuée au psychologue Paul Meehl en référence aux talents de manipulateur de l’homme de cirque Phineas Taylor Barnum), autrement appelé effet Forer, effet de validation subjective ou effet de validation personnelle, désigne un biais subjectif induisant toute personne à accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à elle-même.

L’effet Barnum peut s’appliquer notamment à :

  • l’astrologie,
  • la graphologie,
  • aux horoscopes,
  • à la voyance,
  • ainsi qu’à de nombreuses typologies présentant les personnalités,
  • et aux pseudo-sciences en général.

(sources Wikipédia)

Prenez n’importe quelle phrase du genre : “Vous êtes bientôt à un tournant de votre vie, tout va s’éclaircir sous peu.”, ça, ça se vend ! (Lire la suite…)

Communication, attention, danger !

Il existe un mode de communication très particulier et surtout très dangereux (pour le récepteur) : l’injonction paradoxale.

Le principe, pour celui qui l’emploie est de déstabiliser son interlocuteur en lui annonçant /demandant une chose impossible rien que par la formulation de sa phrase (ou dans une attitude qui prouve exactement le contraire de ce qu’il dit).
Exemple : “Sois naturel”. Comment pourrions nous être naturel sur commande ?!

Ceux qui abusent d’ironie en connaissent un rayon  : c’est exactement la forme choisie pour que l’autre ne sache s’il doit penser noir ou blanc, s’il doit se comporter d’une manière ou de celle opposée.
C’est tellement “fin” que bien souvent, c’est indétectable. D’autant plus si l’injonction vient d’un être avec qui l’on entretient une relation affective (parent, conjoint, ami).
Ca peut l’être aussi de la part d’un supérieur hiérarchique qui saura en abuser au bon moment. Du style : coller une épée de Damoclès sur la tête de son subordonné. Quoi qu’il fasse, elle risque de lui tomber dessus.

Exemple : (Lire la suite…)

Il est des mots qui ouvrent des portes …

Pour qu’une psychothérapie soit efficace, il faut, c’est évident, être impliqué dans son processus.

Il faut, au delà de cette implication, ne pas s’attendre à ce que le thérapeute  trouve les réponses aux multitudes de questions.
Deux raisons à cela :
La première, qui me semble la plus importante : les réponses sont souvent en nous et les questions sont (trop) souvent inutiles.
La seconde : les conseils qui fonctionneront pour les uns ne fonctionneront pas toujours pour les autres.

La pire question que j’ai entendue est : “Que feriez vous à ma place ?”.
Je ne peux me mettre à la place de l’autre. Je peux le comprendre, l’aider à comprendre son mode de fonctionnement, l’inciter à y réfléchir pour le modifier lorsqu’il pose problème mais en aucun cas, je ne peux choisir.
Les choix, pour qu’ils soient efficaces et tiennent sur la longueur, doivent venir de nous.

Je ne peux choisir non plus parce que je ne suis pas juge. Or, offrir à l’autre un choix c’est juger que ce sera le bon et que les autres qui se présentent ne le sont pas.
Il s’agit parfois simplement de prendre conscience des possibilités que nous offrent la vie pour faire le “bon” choix. Qui plus est, le choix qui est bon aujourd’hui ne le sera plus peut être demain parce que la vie est une suite d’événements.
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Les hasards nécessaires

Je termine un livre fabuleux de Jean François Vézina : Les hasards nécessaires.

Il nous y parle de ces événements qui se produisent dans nos vies sans que l’on comprenne forcément le pourquoi de la chose ; il nous parle des synchronicités un peu magiques qui peuvent émerger dans notre histoire.

Il nous parle aussi de ces dates anniversaires qui n’en finissent pas d’amener leurs lots d’accidents, graves ou moins graves.

Il s’agit en quelque sorte d’une dette familiale où chacun hériterait des histoires de ses ancêtres et reproduirait des chocs traumatiques aux mêmes moments qu’ils ont été vécu alors.
Je me suis intéressé pendant un moment à ces histoires impressionnantes d’héritages peu communs.
Il est un aspect que je n’avais pas encore vu, c’est celui de la “névrose de classe”.
Il ne faut pas dépasser le niveau social de ses parents, de façon inconsciente.

Cela amènera à des malaises avant ou pendant les examens ou à des échecs répétitifs malgrè une bonne préparation. Jusqu’où peut aller cette loyauté !
Dramatique lorsque l’on sait qu’il existe aussi des parents qui redoutent justement ce dépassement de leurs enfants. Image négative que leur renverrait un succès de leur progéniture !

Autre type de scénario défaillant : les rencontres amoureuses qui échouent.
La peur inconsciente de déplaire à ses parents, la fidélité qu’on pense leur devoir, certainement aussi, l’interdiction que l’on peut se donner d’être heureux en couple si l’un ou l’autre des parents ne l’a pas été.

Néanmoins, tout n’est pas inéluctable. Il existe en psychologie le principe des trois R : Répéter, Reconnaitre et Réparer.

Dès lors qu’on a pu identifier ces scénarios, il est tout à fait possible d’y remédier.

N’hésitez pas à interroger vos parents, grands parents, sur les dates importantes qui jalonnent leur histoire. Il se pourrait bien qu’elles viennent se réveiller en vous si rien n’a été réparé avant. Ou creusez votre mémoire sur des événements importants dans votre vie.

Jean François Vézina prend l’exemple de ce couple qui découvre une histoire identique dans leur filiation : un de leur arrière grand parent était né de père inconnu.
Ils ne se sont pas rencontrés par hasard. Ce n’est pas non plus un hasard s’ils n’ont pu avoir un enfant …

Dans un autre domaine, toujours avec la notion de synchronicité, il explique également comment, par notre propre histoire, nous nous créons une sensibilité particulière face à des événements particuliers.

Je le cite : “Une personne que l’on a abandonnée très jeune développera une sensibilité particulière à l’abandon, ce qui pourra dans certains cas la conduire bien malgré elle à attirer des gens qui vont encore l’abandonner”.

S’il est parfois un peu compliqué dans les termes qu’il se doit d’expliquer pour nous parler de la synchronicité, Jean François Vézina nous offre là un livre fabuleux qui peut permettre de découvrir que les rencontres ne sont parfois pas le fruit du hasard mais des “appels” à comprendre certaines choses de notre existence.

La mise en garde qu’il nous fait reste valable ici : ne cherchez pas non plus, dans toute rencontre, un message particulier !

Ecoutons nous parler

En l’espace de quelques jours, j’ai eu l’occasion d’entendre des mots que celles là même qui les prononçaient n’entendaient même pas.

Il s’agit de deux femmes qui me parlaient de leur relation “amoureuse”.

L’une me détaille les défauts de son conjoint (et la liste était longue), en concluant qu’elle l’aime néanmoins.
L’autre m’explique que son ami fait exactement le contraire de ce qu’elle aimerait mais espère qu’il change peut être un jour.

Le décalage entre la situation racontée et le véritable amour est énorme. Pourtant, elles ne le voient pas.
Elles entendent leurs désirs et non la réalité des choses. Tout ça plutôt que rien ?

C’est parfois très dur pour moi d’entendre autant de souffrance non dite et de voir que les chemins qu’empruntent ces femmes sont les chemins du désespoir. Surtout lorsqu’elles sont jeunes et ne devraient, à priori, ne connaitre que peu de difficultés à faire une autre rencontre, plus en accord avec ce qu’elles espèrent.
Le tilt se fait dès lors qu’on arrive à les arrêter sur leurs propres paroles.

Même si la première réaction est de balayer ce qui leur vient à l’esprit, l’inconscient fait son travail… laissons le temps au temps.

 

Vous pouvez maintenant me retrouver sur mon site professionnel.

Mécanisme automatique et inconscient

Si certaines personnes doutent du pouvoir de l’inconscient , je vais vous donner là un exemple frappant de ce que de simples mots peuvent parfois agir sur nous, sans qu’on le veuille vraiment.

Même si ça ne me gêne pas outre mesure, j’avoue même que ça m’amuse, j’ai changé une habitude après avoir lu une étude en psychologie sur le comportement automatique.
Vous savez, celui que l’on met en place sans y réfléchir.
Pour l’exemple, il s’agit d’une étude qui parlait, notamment, des garçons de café qui tiennent leur plateau sans crainte de tout mettre par terre.
Evidemment, ils sont entrainés et n’y pensent pas. C’est devenu un automatisme donc. Cette étude parlait notamment du fait qu’ils ne regardent pas leurs pieds ni leurs mains. Ils sont complètement maîtres en la matière, plateau plein ou à moitié plein. (Lire la suite…)

Frustration

Marc me parle d’une “rencontre” avec une passion … mal contenue. Les termes sont peu flatteurs et tout une liste de défauts est faite.
Notamment sur son “air”, sur ses tenues, sur sa façon de se montrer aux autres etc.

Je lui demande pourquoi il en parle tant.
Il me répond : “Parce qu’elle m’énerve.”
Je creuse un peu.
Je lui demande si ça vaut le coup de dépenser autant d’énergie pour quelqu’un qui ne semble pas en valoir la peine.

… mais Marc est amoureux. Et la jeune femme … n’est pas libre. CQFD.

C’est terrifiant parfois les mots qui nous viennent à l’égard des autres, simplement en réponse à notre frustration !

Il suffisait cependant que je fasse dire à Marc à quel point il était attiré pour que les qualificatifs noirs se transforment soudain en éloges.

Loi de l’effet

Pour faire simple, cette loi a été mise en évidence par E.L. Thorndike, psychologue américain.
Il a fait apparaître que, selon les conséquences que l’on “subit” d’un certain comportement, soit on l’abandonnera (conséquence négative) soit on le renouvellera (conséquence positive).

Je n’ai pas lu beaucoup au sujet de cette loi mais elle me pose question à un niveau.
J’y réfléchis donc ici.

Si on revient sur le principe du conditionnement évoqué dans  mon billet sur le conditionnement, on peut donc imaginer qu’un comportement que l’on a eu et qui nous a renvoyé une conséquence aversive ne peut se renouveler.
Or, on sait aussi que beaucoup d’entre nous reproduisons des scénarios de vie négatifs alors même qu’ils ne nous apportent que du négatif.

Je suppose donc que le siège de nos comportements et de nos réactions sont à différents niveaux dans notre cerveau.
On sait que le cerveau reptilien est le siège de nos comportements de survie (s’échapper d’une relation destructrice devrait donc en faire partie).
On sait que le cerveau paléo mammalien est le siège de nos émotions (même réflexion).
On sait que le cerveau néo mammalien est le siège de nos comportements dits intelligents (la raison) (réflexion à son paroxysme !).
On sait aussi que ces trois là communiquent normalement bien ensemble.

On sait que l’homme est capable d’élaborer très vite une réponse face à un stimuli qu’il a déjà rencontré.

Peut on dès lors supposer que l’homme s’auto programme lorsqu’il a été conditionné de façon “négative” (un ou plusieurs traumatismes) pour donner la même réponse, quitte à ce que celle ci soit néfaste pour lui ?

Il existe heureusement des méthodes pour se déprogrammer et mettre en place de nouveaux shémas plus positifs.

[NB : ceux qui me diraient que c'est de cette raison que découle la 2° topique de Freud, je leur réponds de suite : oui, je sais, je viens de plancher plusieurs heures là dessus ! Je sais aussi que rien n'est vrai à 100% et que chaque cas est unique. Mais il n'en reste pas moins que la loi de l'effet a ses limites !]

Cas d’école #6 – suite

Tentons de répondre à la question posée précédemment.

Pourquoi Pierre a-t-il donc épousé une femme qui ne lui apporte pas du tout l’affection dont il a tant besoin ?

L’amour étouffant de sa mère, le statut d’enfant roi dont il a bénéficié, tout ça aurait du être stoppé par la présence du père.
Ce père est bien présent, aimant, mais il ne joue pas son rôle de séparateur.
Fierté de père d’avoir un fils ? peut être.
Il serait sans doute intéressant pour Pierre de connaitre l’histoire de ses parents.
Ces relations “croisées” qui ne se défont pas puisent parfois leur origine dans des histoires de famille ancienne.
Sa mère a sans doute eu une relation particulière avec son père. Trop fusionnelle peut être.

Toujours est-il que Pierre ne parvient pas à régler son problème oedipien.
Il est tant choyé.
Sa mère entretient pendant trop longtemps tout ça sans lui laisser l’autonomie dont il a besoin pour devenir un adulte, un homme.
(je n’aurais pas été surprise que petit Pierre soit asthmatique.)

(Lire la suite…)

Estime de soi et capacités

Je tire mes connaissances, avant de m’être lancée dans les études de psychologie, de mes observations.
J’observe, j’ai toujours observé les autres avec intérêt. Parfois avec beaucoup de réflexions aussi.
M’interroger sur le comportement de quelqu’un qui me semble ne pas aller bien est presque une seconde nature, en tout cas, cela est automatique pour moi.
J’ai acquis aussi un tas de connaissances à travers des lectures, à travers, bien sûr, mes propres expériences de vie.

Cet article m’est inspiré par des similitudes impressionnantes qui m’apparaissent au fil de discussions que j’ai avec des amies plus jeunes que moi.
Si des affinités se sont créées, ce n’est pas par hasard, c’est souvent par “reconnaissance”.

Prenons le vaste sujet qu’est “l’estime de soi”.

Soit je suis entourée de gens en manquant singulièrement et c’est pur hasard (ou non), soit il apparait que malheureusement, beaucoup en manque.

Peu importe. Ce qui importe au final, ce sont les conséquences.

Pour ne parler que des plus courantes :

- professionnelles
- personnelles : sur un plan social en général, sur un plan sentimental en particulier.

Le plan professionnel a commencé bien avant l’entrée dans la vie active, puisque l’école forge déjà les futurs salariés !
Il suffit parfois d’un seul enseignant pour vous dynamiser. Malheureusement, il suffit aussi parfois d’un seul pour vous briser un talent dans l’oeuf.
Arrivé sans encombre sur le marché du travail, la bataille pour obtenir un poste sera rude mais les capacités sont souvent là, le poste sera décroché.

Une faible estime de soi va cependant empêcher beaucoup d’évolutions. On n’osera pas demander une augmentation, une promotion, convaincu que l’on est qu’on ne le mérite pas.
Si on progresse cependant, par sursaut, il est évident que jamais l’ensemble des capacités sera utilisé, tant on aura peur de notre ombre.
On pourra même passer à côté de postes nous correspondant tout à fait, sans même nous en rendre compte.

Sur un plan personnel, l’estime de soi faible empêchera de côtoyer des personnes intéressantes. Il vaudra mieux rester dans l’ombre, ne pas se faire remarquer.
Le tissu social autour de nous sera pauvre. Pourtant, les capacités relationnelles sont parfois certaines. D’ailleurs, souvent, on vous l’a dit, mais vous n’avez pas osé, vous l’avez entendu d’une autre oreille !

Côté amoureux, le grand dégât ! comme l’autre nous sert de miroir, celui qui a une faible estime de lui rencontrera probablement une personne qui sera du “niveau estimé” voire qui contribuera à l’écraser encore plus.

Je reste convaincue que la vie nous sert sur un plateau des leçons dont on ne se sert pas assez souvent !

Il m’apparait, au fil de mes rencontres depuis des années que la majorité des personnes ayant une faible estime d’elles même ont bien souvent des capacités réelles, et qu’elles les gâchent par des élans destructeurs. Il faut prouver que ce qui nous a brisé est vrai !

La prise de conscience est parfois longue mais parfois aussi, il suffit d’un déclencheur pour inverser la tendance.
Néanmoins, il faut savoir que si ce déclencheur est une personne, il faut encore se méfier de la relation établie avec cette personne.

L’estime de soi ne provient pas des autres, mais bien de nous même. Ne gâchons aucun de nos potentiels en croyant n’être plus rien quand on pensait n’avoir de valeur qu’aux yeux d’une seule personne !

Une fois l’estime de soi établie, des portes s’ouvrent tout naturellement. Et bien souvent, on se demande comment on a pu passer à côté d’aussi jolies choses !