Un silence assourdissant

A la dernière page d’un livre, parfois, on se sent différent. 

C’est ce qui m’est arrivé hier, à la fin de cette histoire vraie : Un silence assourdissant de Renée GUILLAUME.

Cette mère raconte tout d’abord son enfance, entourée de parents bien sous tout rapport. En apparence, pour l’extérieur seulement. Elle parle de ce père tyran, de cette mère soumise, de ses souffrances, de ses errances dans son monde à elle, seule. Elle semble avoir glissé sur la vie. Et pourtant, il se dégage de cette femme une force incroyable. Force qui va lui permettre de passer au delà du despotisme de son père pour tenter de sauver son fils.
Elle met au monde un enfant qui, à l’âge de 2 ans environ, va se refermer dans son monde intérieur et ne plus communiquer avec son entourage. Il devient autiste.

Elle raconte, comment, à cause de son éducation, elle a laissé faire les choses, en pensant toujours bien faire puis comment elle s’est battu pour faire sortir de son mutisme, son enfant.
Ce garçon, au prise avec ses peurs, ses angoisses, ses traumastismes, parviendra à communiquer et dire les terribles vérités liées à sa maladie. (Lire la suite…)

Vivons l’instant présent

Il y a des gens qui devancent les événements comme s’ils voulaient vivre trop vite, comme s’ils ne savaient savourer l’instant présent.
Un peu comme ceux qui roulent très vite sans se soucier du risque d’accident.
L’accident possible, pour ces gens qui ne pensent qu’au futur, c’est de vivre avec des regrets qui justement, viendront du passé, en zappant le présent !

Mais la plupart de ces personnes confrontées à ces projections (souvent négatives) n’ont pas la possibilité de faire autrement car elles n’ont tout simplement pas l’idée de pouvoir faire autrement.
Il est donc inutile de vouloir leur dire qu’elles se comportent “mal” puisqu’elles ignorent quelles autres pensées avoir.

La meilleure aide que l’on puisse leur apporter est de mettre en avant le côté néfaste du comportement. La prise de conscience est alors un déclic fabuleux, comme un feu rouge qui durerait plus longtemps qu’à l’accoutumée.

Je vous parle de ça parce que j’ai entendu récemment une cliente me dire : “J’ai peur de ce qui va arriver.”
J’ai lu un jour une phrase qui reste une de mes phrases fétiches : Les émotions viennent des idées que l’on se fait des événements et non des événements eux mêmes.

Gardons en tête que nul ne sait ce qu’il va arriver !

Je ne peux oublier un petit garçon qui, traumatisé par le départ précipité de son père de la maison familiale, voulait toujours savoir de quoi demain serait fait. La douleur était trop forte, il était trop petit et il ne pouvait entendre ces quelques mots qui auraient suffit pour le rassurer, pour lui expliquer, pour lui donner confiance dans l’avenir.
Aujourd’hui, il est presque adulte. Il se lance dans un tas de choses, ne les termine pas toujours. Il s’entoure de projets qui n’ont jamais de finalité et ne sait que rarement s’amuser. Il s’enthousiasme aussi vite qu’il est déçu.

Vite et bien ?

J’ai, parmi mes enfants, deux qui sont plutôt “lents”.
Le critère pour évaluer la lenteur est celui de tout un chacun puisque dans notre société, il faut faire tout vite.
Vite comprendre, vite apprendre, vite s’habiller, manger, se laver, etc.
Autant comme, pour l’un ça n’a posé aucune difficulté majeure, autant comme pour l’autre, ça commence à devenir très embêtant.

Il est encore petit et ne comprend pas toujours la notion du temps qui n’attend pas. Il ne comprend pas pourquoi son instituteur le presse d’avancer. Il ne comprend puisqu’il fait bien ce qu’on lui demande. Mais il le fait lentement. Donc, pas au rythme que souhaiteraient tous ces adultes qui l’entourent.
Il a donc, depuis l’année dernière une étiquette : cet enfant est lent.

De mon côté, je me suis adaptée à son rythme et je prévois une marge de manoeuvre pour la préparation du matin. Mais il n’y a pas de marge de manoeuvre dans le processus d’apprentissage : l’enfant entre dans le moule ou n’y entre pas.

L’autre jour, j’ai l’occasion de discuter avec l’instituteur qui me lance : “Qu’est ce qu’il est lent !” [ton du désespoir]
Je confirme et lui demande : “Est ce qu’il fait bien son travail ?”
Evidemment qu’il le fait bien mais ça ne convient pas.

Dans notre société le “mais” a pris une force incroyable. Et demander à l’instituteur ce qui compte le plus ne changerait rien à l’affaire. Il a un programme à tenir, il souhaite des enfants qui comprennent vite et bien, qui fassent vite et bien.

Et pourtant, j’entends encore ma grand mère nous dire : “Vite et bien, ça n’existe pas.”
Mais ma grand mère était d’une autre époque.
Certainement d’une époque où le stress dominait largement moins dans notre société de consommation qui nous fait consommer même notre énergie et notre goût d’apprécier les minutes s’égrener.

Publié dans:  on 09/12/2009 at 21:25 Laisser un commentaire

C’est le but !

Souvent, quand on me raconte des relations plutôt malsaines, il y a : le protagoniste et celui qui reçoit en pleine figure ce qui ne lui est sûrement pas destiné. Pour ce que j’en sais, en tout cas.

Quelque soit l’âge, je constate le manque de détachement que l’on peut avoir face à une injure, une critique, un mot déplacé.

D’une part, sauf si (il faut être honnête), ce que l’on nous dit est juste, il peut être intéressant de connaitre les raisons qui poussent l’autre à nous fusiller ainsi.
D’autre part, et ça me semble capital, il faut savoir de qui ça vient : soit on aime, soit on n’aime pas le tireur.

Prenez une cours d’école. On pense y voir des innocents. Bien souvent, il suffit de tendre l’oreille pour entendre des “méchancetés” fuser dans tous les sens.
Le but inconscient du petit est de blesser bien sûr, mais comme il n’a aucun moyen pour comprendre les raisons qui le poussent à le faire, il continue. Personne pour enrayer le processus.
Il continue d’autant plus volontiers lorsqu’il voit l’autre petit bout commencer à pleurer.

Quelques années plus tard, on le retrouve adulte prenant un malin plaisir à blesser à un niveau supérieur.

Prenez donc garde à vos réactions … sachez que ces grands spécialistes des critiques et mots acerbes en tout genre recherchent dans votre regard la blessure :  il n’attend qu’une chose : avoir atteint son but !

Demandez vous aussi si vous avez envie qu’il continue à gagner …

Publié dans:  on 21/10/2009 at 20:18 Commentaires (6)

Saluons

Saluons ici une initiative tout à fait charmante :

–>un blog pour les papas,

écrit par des papas.
Je m’y suis glissé tout attendrie que j’étais de lire ces billets de papas poules !

J’avais un peu zappé la partie “exclusivité-papa”, ce qui me semble logique, après coup …

Vous les papas qui avez envie de partager avec les autres, allez donc voir ça !

C’est absolument délicieux et plein de charme !

Publié dans:  on 07/10/2009 at 20:50 Commentaires (2)

Histoire de ne pas blesser

Il y a des gens qui retirent volontiers ce qu’ils ont dit, comme on retire une épée du ventre de son adversaire.
[Jules Renard]

Cette citation me rappelle une petite histoire que l’on raconte volontiers aux enfants pour les inciter à réfléchir aux paroles blessantes qu’ils peuvent avoir.

Un petit garçon qui avait l’habitude d’être méchant fût emmené un jour par son père au fond du jardin.
Il lui dit : “Chaque fois que tu diras une parole blessante à quelqu’un, tu viendras avec moi et sur cette barrière en bois, tu y planteras un clou”.

De jour en jour, le père constata qu’il avait moins souvent besoin d’emmener son fils à la barrière. Jusqu’au jour où il n’eût plus besoin du tout.

Alors, il l’emmena et lui demanda de retirer chaque clou planté.

Lorsque le travail fût terminé, il lui dit : “Tu vois, lorsqu’on prononce une parole blessante, on peut la retirer de la même façon, mais regarde la trace laissée…”

Il peut arriver, pas excès de fatigue, par colère, de faire comme ce garçon. Si cela devient une habitude, alors il faut se demander ce que l’autre nous renvoie pour faire naître en nous ce type de paroles.

J’ai revu dernièrement un jeune garçon à qui j’avais raconté cette histoire parce qu’il était extrêmement “piquant” dans ses paroles à l’égard des autres il y a quelques années. Il devait avoir 8 ou 9 ans. Il se souvient de l’impact qu’elle a eu sur lui. Plutôt plaisant non ?

Publié dans:  on 28/08/2009 at 20:29 Commentaires (5)

Cas d’école #6 – suite

Tentons de répondre à la question posée précédemment.

Pourquoi Pierre a-t-il donc épousé une femme qui ne lui apporte pas du tout l’affection dont il a tant besoin ?

L’amour étouffant de sa mère, le statut d’enfant roi dont il a bénéficié, tout ça aurait du être stoppé par la présence du père.
Ce père est bien présent, aimant, mais il ne joue pas son rôle de séparateur.
Fierté de père d’avoir un fils ? peut être.
Il serait sans doute intéressant pour Pierre de connaitre l’histoire de ses parents.
Ces relations “croisées” qui ne se défont pas puisent parfois leur origine dans des histoires de famille ancienne.
Sa mère a sans doute eu une relation particulière avec son père. Trop fusionnelle peut être.

Toujours est-il que Pierre ne parvient pas à régler son problème oedipien.
Il est tant choyé.
Sa mère entretient pendant trop longtemps tout ça sans lui laisser l’autonomie dont il a besoin pour devenir un adulte, un homme.
(je n’aurais pas été surprise que petit Pierre soit asthmatique.)

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Summerhill A.S. Neill

 On en a parlé ici, je voudrais vous faire partager l’excellent reportage qui a été fait sur cette école.

(merci à Joël de me l’avoir déniché)

On découvre comment A.S. Neill a mis en place une structure permettant d’accueillir des enfants qui, à l’époque, étaient rejetés des structures traditionnelles de l’enseignement.

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Cas d’école # 4 ou L’autre Oedipe

Le complexe d’Oedipe est toujours présenté dans un sens.
L’enfant se détache du parent du sexe opposé pour s’identifier à l’autre parent.
On parle rarement du complexe d’Oedipe inversé.
Prenons l’histoire de 2 fils.

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Amour inconditionnel

Je rencontre un jeune adolescent régulièrement. Il n’est pas habitué à me voir. Avant, il avait affaire à un homme.
Il tente par tous les moyens de me provoquer ou de se mettre en avant.
Il arrive parfois habillé comme un adulte (à l’inverse des ados, c’est à dire avec une cravate et un pantalon de ville par exemple).
Il tente régulièrement de me faire croire qu’il en sait plus que quiconque sur n’importe quel sujet.
Il n’arrive pas à avoir des relations d’égal à égal avec les jeunes de son âge, d’ailleurs, il évite de les fréquenter.

Tantôt il est très agréable, tantôt, il est exécrable.

Il m’apparait évident que ce garçon cherche un référent masculin pour se positionner face à la gente féminine.

Il me dit (enfin !) dernièrement qu’il a des rapports épouvantables avec son père depuis des années et que sa soeur a une place de “choix” dans la famille.

Ce garçon a sans doute mûri trop vite, à force de jouer à l’homme avant l’âge.
Pour lui éviter qu’ un jour il ne fasse sa “crise” d’adolescence dans la famille qu’il aura construite, il lui faut sa part de jeu et d’insouciance. Il a besoin qu’on l’autorise à se regarder avec ses propres yeux. Non qu’il se forge une image pour tenté d’être vu.

Cela m’amène à me demander comment un père ou une mère peut donner plus ou moins de valeur à l’un de ses enfants.
Je lisais dans le livre de Serge Ciccoti que cela va même plus loin. L’attention portée à un enfant est différente selon la “beauté” de l’enfant !

J’ai connu un homme qui, à sa naissance, a été rejeté par son père qui le trouvait laid. Il ne l’a jamais aimé et l’a même détruit plus que construit.
Toute la famille riait de tout ça.
Il cherche depuis tout petit à se faire aimer en se créant des relations non basées sur le “don” mais sur l’attente du “recevoir”.

Les enfants portent parfois le fardeau des espoirs déçus de leurs parents … toute leur vie.

Dès lors qu’ils comprennent, la porte est ouverte à une vraie construction.