Il est des mots qui ouvrent des portes …

Pour qu’une psychothérapie soit efficace, il faut, c’est évident, être impliqué dans son processus.

Il faut, au delà de cette implication, ne pas s’attendre à ce que le thérapeute  trouve les réponses aux multitudes de questions.
Deux raisons à cela :
La première, qui me semble la plus importante : les réponses sont souvent en nous et les questions sont (trop) souvent inutiles.
La seconde : les conseils qui fonctionneront pour les uns ne fonctionneront pas toujours pour les autres.

La pire question que j’ai entendue est : “Que feriez vous à ma place ?”.
Je ne peux me mettre à la place de l’autre. Je peux le comprendre, l’aider à comprendre son mode de fonctionnement, l’inciter à y réfléchir pour le modifier lorsqu’il pose problème mais en aucun cas, je ne peux choisir.
Les choix, pour qu’ils soient efficaces et tiennent sur la longueur, doivent venir de nous.

Je ne peux choisir non plus parce que je ne suis pas juge. Or, offrir à l’autre un choix c’est juger que ce sera le bon et que les autres qui se présentent ne le sont pas.
Il s’agit parfois simplement de prendre conscience des possibilités que nous offrent la vie pour faire le “bon” choix. Qui plus est, le choix qui est bon aujourd’hui ne le sera plus peut être demain parce que la vie est une suite d’événements.
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Ecoutons nous parler

En l’espace de quelques jours, j’ai eu l’occasion d’entendre des mots que celles là même qui les prononçaient n’entendaient même pas.

Il s’agit de deux femmes qui me parlaient de leur relation “amoureuse”.

L’une me détaille les défauts de son conjoint (et la liste était longue), en concluant qu’elle l’aime néanmoins.
L’autre m’explique que son ami fait exactement le contraire de ce qu’elle aimerait mais espère qu’il change peut être un jour.

Le décalage entre la situation racontée et le véritable amour est énorme. Pourtant, elles ne le voient pas.
Elles entendent leurs désirs et non la réalité des choses. Tout ça plutôt que rien ?

C’est parfois très dur pour moi d’entendre autant de souffrance non dite et de voir que les chemins qu’empruntent ces femmes sont les chemins du désespoir. Surtout lorsqu’elles sont jeunes et ne devraient, à priori, ne connaitre que peu de difficultés à faire une autre rencontre, plus en accord avec ce qu’elles espèrent.
Le tilt se fait dès lors qu’on arrive à les arrêter sur leurs propres paroles.

Même si la première réaction est de balayer ce qui leur vient à l’esprit, l’inconscient fait son travail… laissons le temps au temps.

 

Vous pouvez maintenant me retrouver sur mon site professionnel.

C’est le but !

Souvent, quand on me raconte des relations plutôt malsaines, il y a : le protagoniste et celui qui reçoit en pleine figure ce qui ne lui est sûrement pas destiné. Pour ce que j’en sais, en tout cas.

Quelque soit l’âge, je constate le manque de détachement que l’on peut avoir face à une injure, une critique, un mot déplacé.

D’une part, sauf si (il faut être honnête), ce que l’on nous dit est juste, il peut être intéressant de connaitre les raisons qui poussent l’autre à nous fusiller ainsi.
D’autre part, et ça me semble capital, il faut savoir de qui ça vient : soit on aime, soit on n’aime pas le tireur.

Prenez une cours d’école. On pense y voir des innocents. Bien souvent, il suffit de tendre l’oreille pour entendre des “méchancetés” fuser dans tous les sens.
Le but inconscient du petit est de blesser bien sûr, mais comme il n’a aucun moyen pour comprendre les raisons qui le poussent à le faire, il continue. Personne pour enrayer le processus.
Il continue d’autant plus volontiers lorsqu’il voit l’autre petit bout commencer à pleurer.

Quelques années plus tard, on le retrouve adulte prenant un malin plaisir à blesser à un niveau supérieur.

Prenez donc garde à vos réactions … sachez que ces grands spécialistes des critiques et mots acerbes en tout genre recherchent dans votre regard la blessure :  il n’attend qu’une chose : avoir atteint son but !

Demandez vous aussi si vous avez envie qu’il continue à gagner …

Publié dans:  on 21/10/2009 at 20:18 Commentaires (6)

Frustration

Marc me parle d’une “rencontre” avec une passion … mal contenue. Les termes sont peu flatteurs et tout une liste de défauts est faite.
Notamment sur son “air”, sur ses tenues, sur sa façon de se montrer aux autres etc.

Je lui demande pourquoi il en parle tant.
Il me répond : “Parce qu’elle m’énerve.”
Je creuse un peu.
Je lui demande si ça vaut le coup de dépenser autant d’énergie pour quelqu’un qui ne semble pas en valoir la peine.

… mais Marc est amoureux. Et la jeune femme … n’est pas libre. CQFD.

C’est terrifiant parfois les mots qui nous viennent à l’égard des autres, simplement en réponse à notre frustration !

Il suffisait cependant que je fasse dire à Marc à quel point il était attiré pour que les qualificatifs noirs se transforment soudain en éloges.

Cas d’école #6 – suite

Tentons de répondre à la question posée précédemment.

Pourquoi Pierre a-t-il donc épousé une femme qui ne lui apporte pas du tout l’affection dont il a tant besoin ?

L’amour étouffant de sa mère, le statut d’enfant roi dont il a bénéficié, tout ça aurait du être stoppé par la présence du père.
Ce père est bien présent, aimant, mais il ne joue pas son rôle de séparateur.
Fierté de père d’avoir un fils ? peut être.
Il serait sans doute intéressant pour Pierre de connaitre l’histoire de ses parents.
Ces relations “croisées” qui ne se défont pas puisent parfois leur origine dans des histoires de famille ancienne.
Sa mère a sans doute eu une relation particulière avec son père. Trop fusionnelle peut être.

Toujours est-il que Pierre ne parvient pas à régler son problème oedipien.
Il est tant choyé.
Sa mère entretient pendant trop longtemps tout ça sans lui laisser l’autonomie dont il a besoin pour devenir un adulte, un homme.
(je n’aurais pas été surprise que petit Pierre soit asthmatique.)

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Cas d’école # 6

Pierre a la cinquantaine. Il est établi de façon “classique” : marié, deux enfants, un métier.
Il est un mari modèle, aux petits soins, prévenant, peu exigeant.
Il est un père modèle, attentif à ses filles qui l’adorent, qu’il adore.
Tout semble aller pour le mieux.
En surface.
Pourtant Pierre sent un besoin particulier, parce qu’il trouve à un moment donné, une personne particulière, de se confier.
Il avoue ne pas être si heureux car il lui manque l’affection de son épouse.
Elle a pourtant annoncé il y a bien longtemps (le répète sans doute aussi régulièrement) qu’elle n’est pas une “tendre”.
Aucun câlin alors que lui, il en a un besoin peut être plus important que ce qui devrait / peut être parce qu’il n’en a justement pas.

Pierre, doucement, au fil des années prend du poids.
Jusqu’à ne plus être l’homme que la femme a connu. Jusqu’à faire dire à cette femme qu’elle ne le reconnait plus.
Jusqu’à en souffrir.

Pourtant, elle ne fait rien pour l’aider à maigrir, lui concocte des petits plats  riches tout en lui reprochant d’en manger.
Elle n’intervient que superficiellement et lui, ne se sentant pas soutenu, ne change rien à ses habitudes.
Il espère qu’elle l’aidera en cuisinant diététique, elle a les talents pour, mais n’en fait rien.

Pierre a eu une maman très affectueuse, qui s’est occupé de lui à l’extrême jusqu’à lui porter le café au lit pendant des années.
Pierre a eu une maman sans doute étouffante. On peut imaginer que Pierre a eu un trop plein d’amour.
D’ailleurs, alors qu’il a un niveau intellectuel plus que correct, qu’il raisonne de façon claire et sensée, il lui arrive d’avoir des comportements “enfantins”.
Dès lors qu’il reçoit de l’affection, le petit garçon en lui se réveille.

Alors, pourquoi Pierre s’est-il laissé grossir ?
On peut se dire que c’était sa façon à lui de montrer qu’il existe, d’appeler et de se montrer.

Pierre est un homme très affectueux, sincère dans ses relations, entier. Il donne, il aime recevoir.
En amitié, il a une sorte d’exigeance qui, loin d’être malsaine, est peu ordinaire.
Il pourra dire d’ailleurs que certaines relations amicales ressemblent à une addiction.

Il n’est pas loin d’avoir tort.
Pierre recherche à se nourrir comme avant, d’affection.
Il a substitué à l’affection absente de son épouse la nourriture qui “compense”.
Celle que l’on relie, enfant, inconsciemment, à l’amour.

Ce sont ces fameuses nourritures affectives.
Le poids qu’il a pris est sans doute proportionnel à la souffrance qu’il a eue (qu’il a) de ne pas avoir cette tendresse tant espérée.

Je cite ici un extrait du livre de Alain Braconnier : Les bleus de l’âme.

“… nous retrouvons ici l’importance des “nourritures terrestres” qui se confondent avec la spère affective. La nostalgie d’un fils envers les nourritures préparées par sa mère symbolise à l’extrême le “paradis perdu” de son enfance et l’attachement à la mère nourricière.”

Que faut-il pour que Pierre puisse retrouver un corps dans lequel il se sente bien ?
Il doit apprendre à renoncer.
Il doit comprendre.

Pierre doit comprendre pourquoi il a fait ce choix d’une épouse aussi peu tendre.
Il doit apprendre à mieux se connaître. Il doit apprendre surtout à renoncer consciemment à exiger quoi que ce soit de qui que ce soit.
Il doit renoncer à cette quête affective  en se consolidant de l’intérieur.

Cas d’école # 5

Je n’aime pas “catégoriser”, mais il faut avouer que, une fois qu’on a bien cerné le fonctionnement de quelqu’un, il semble plus facile alors d’imaginer si oui ou non, on peut quelque chose ou s’il vaut mieux passer la main…

Dans les gens qui “vont mal”, je distingue :

- ceux qui sentent confusément un petit truc qui ne tourne pas rond et qui les empêchent d’avancer. Ceux là, dès qu’on leur tend la main, ils la prennent et, en plus, savent prendre ce qu’il y a dedans.

- ceux qui ne se rendent pas compte et qui sont poussés par les proches. Soit ils rejoignent la catégorie ci dessus, soit les suivants, tôt ou tard.

- ceux qui vont mal, très mal et qui appellent au secours depuis longtemps, ne sachant pas trop bien comment, qui, quand, pour combien de temps, mais qui voudraient bien aller mieux et font en sorte que…
Ils trouveront peut être la solution pour se faire aider, oseront ou renonceront, persuadés qu’il vaut mieux ne pas changer plutôt que d’aller vers l’inconnu.

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Publié dans:  on 03/06/2009 at 20:34 Laisser un commentaire
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Cas d’école # 4 ou L’autre Oedipe

Le complexe d’Oedipe est toujours présenté dans un sens.
L’enfant se détache du parent du sexe opposé pour s’identifier à l’autre parent.
On parle rarement du complexe d’Oedipe inversé.
Prenons l’histoire de 2 fils.

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Cas d’école # 3 – Laissez les grandir

Valérie a la quarantaine, un fils en pleine adolescence et des problèmes qui vont avec.

Le fils ne travaille plus en classe, n’obéit plus si volontiers à ses ordres ou à ses demandes, ment ou élude tout ce qu’il peut, bref, grandit.

La mère, elle, n’en peut plus de voir son fils faire une chute libre dans ses études, s’éloigner d’elle en oubliant sciemment le bisou du matin ou du soir. Elle souffre vraiment puisque cela déclenche chez elle des crises de larmes incontrôlables. Des colères pas toujours bien dirigées aussi, vers le père ou les autres, ceux qui n’y sont pour rien.
Elle voudrait que rien ne change en fait.

Seulement voilà, pour grandir, pour devenir un homme, son fils a besoin de la vraie coupure du cordon. Il a besoin de se prouver à lui même qui il est, vivre dans son bazar, en faire à sa guise. Il a besoin de ses propres leçons de vie, de ses propres expériences.

Sa mère s’y refuse, elle veut encore mener son petit monde et elle ne l’entend pas de la même oreille que lui.

Plus il s’échappe, plus elle tente de le retenir.

C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.
On dirait une crise de jalousie du type : ” tu m’appartiens, tu n’as pas le droit de changer.”

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Cas d’école # 1

Laurence approche de la cinquantaine.

Elle a épousé “comme il se doit”, avant ses 30 ans un homme qui lui semblait charmant.

Il a fait une crise identitaire un peu trop forte et ils se sont séparés.

Elle a ensuite rencontré, quelques années après, un autre homme. Il lui semblait tout aussi charmant. En tout cas, il comblait bien le vide affectif qui s’était installé.
Il le comblait au moins au début. Pour mieux l’enfermer dans un système difficile à gérer ensuite. Manipulateur ne cherchant que ses propres bénéfices, une fois que Laurence n’a plus eu un sou à se faire prendre, il est parti.

Elle décide alors de se lancer dans une course à la reconstruction.

Elle n’imagine pas un instant qu’elle va revoir passer sous son nez le même plat d’échec en échec.

Parce qu’elle a un gros défaut Laurence : elle tombe vite amoureuse. Et elle est sincère. Tellement sincère qu’elle va peut être un peu vite dans ses tentatives de reconstruction. En tout cas, elle fait peur à ces hommes qu’elle rencontre.
Si au début ils se déclarent amoureux, au bout de quelques semaines, le trop plein d’amour qu’elle leur déverse les fait fuir à toutes jambes.

Et puis elle décide de s’arrêter. Un profond instinct la rappelle à l’ordre, une cloche qui sonne en permanence.

Elle annonce donc à ses amis qui se désolent pour elle qu’elle ferme la porte et ne souhaite pas poursuivre cette recherche éperdue. Les amis se disent désespérés pour elle, ne comprennent pas, la rappellent à l’ordre, lui expliquant que l’amour existe. Oui, sans doute. Mais elle sent bien qu’il faut arrêter là les dégâts.

Elle va alors se mettre à avancer dans une toute autre direction : l’introspection.
Elle apprend même le plaisir de vivre.
Surtout à vivre “seule”.
Elle va petit à petit combler cette solitude par un tas d’autres activités qui vont lui permettre de prendre du recul sur sa vie passée.

A mesure qu’elle comble, elle sent un apaisement dans ses tempêtes permanentes qui lui font penser qu’elle doit avoir pris le bon chemin.

A l’aube de la cinquantaine, elle découvre la paix intérieure.
Elle découvre aussi qu’elle a rendu les autres responsables de ses manques, qu’elle était tellement avide d’amour, qu’elle étouffait et les autres et elle même.

Elle prend conscience de ses forces et de ses faiblesses.
L’étape suivante consiste alors à accepter ses faiblesses et refaire une pause.
Puis elle s’attaque à ses faiblesses.

De quoi souffre-t-elle au fond ? d’un manque d’amour. Celui qu’elle n’a pas eu enfant.
Le conditionnement a alors fait qu’elle est devenue dépendante des autres.

Des autres ? oui, mais surtout de ses parents qui sont le seul repère “affectif” pour elle.
Elle va même jusqu’à ne prendre aucune décision importante sans leur aval.
En fait, elle doute de tout et ne s’en rend pas compte.

Un achat ? … pourvu qu’on lui dise que c’est beau et bien choisi, sinon, elle va se mettre à détester l’objet/vêtement/meuble acheté.
Une rencontre … pourvu que ses parents apprécient ! sinon, le doute va s’installer rapidement.

Evidemment, aussi, les parents de Laurence ont quasiment instauré un “no man’s land”. Alors il lui est difficile d’imaginer que tout étranger puisse avoir une quelconque valeur !

Elle dépend complètement d’eux.
Tant dans leurs jugements que dans ses conduites.
Elle n’a, jusqu’alors, quasiment pas maîtrisé sa propre vie privée.

Sa vie professionnelle a été épargnée, elle a même très bien réussi, puisque personne ne pouvait “y toucher”.

Evidemment, tout ça, elle l’a payé très cher en souffrance.
Pour éviter cela, encore aurait-il fallu qu’elle soit consciente de son mode de fonctionnement.

Elle a toujours cru que ses besoins ne pouvaient être satisfaits que par les autres. Besoins affectifs, évidemment.

Quand elle découvre qu’elle peut exister indépendamment des autres, Laurence découvre en même temps ce qu’est le vrai bonheur, le vrai calme.

Manquer de confiance en soi est une chose terrible car d’une part, il fait souffrir, d’autre part, il nous met à la merci des personnes qui pourraient en abuser, et que ne s’en priveront pas !