Laurence approche de la cinquantaine.
Elle a épousé “comme il se doit”, avant ses 30 ans un homme qui lui semblait charmant.
Il a fait une crise identitaire un peu trop forte et ils se sont séparés.
Elle a ensuite rencontré, quelques années après, un autre homme. Il lui semblait tout aussi charmant. En tout cas, il comblait bien le vide affectif qui s’était installé.
Il le comblait au moins au début. Pour mieux l’enfermer dans un système difficile à gérer ensuite. Manipulateur ne cherchant que ses propres bénéfices, une fois que Laurence n’a plus eu un sou à se faire prendre, il est parti.
Elle décide alors de se lancer dans une course à la reconstruction.
Elle n’imagine pas un instant qu’elle va revoir passer sous son nez le même plat d’échec en échec.
Parce qu’elle a un gros défaut Laurence : elle tombe vite amoureuse. Et elle est sincère. Tellement sincère qu’elle va peut être un peu vite dans ses tentatives de reconstruction. En tout cas, elle fait peur à ces hommes qu’elle rencontre.
Si au début ils se déclarent amoureux, au bout de quelques semaines, le trop plein d’amour qu’elle leur déverse les fait fuir à toutes jambes.
Et puis elle décide de s’arrêter. Un profond instinct la rappelle à l’ordre, une cloche qui sonne en permanence.
Elle annonce donc à ses amis qui se désolent pour elle qu’elle ferme la porte et ne souhaite pas poursuivre cette recherche éperdue. Les amis se disent désespérés pour elle, ne comprennent pas, la rappellent à l’ordre, lui expliquant que l’amour existe. Oui, sans doute. Mais elle sent bien qu’il faut arrêter là les dégâts.
Elle va alors se mettre à avancer dans une toute autre direction : l’introspection.
Elle apprend même le plaisir de vivre.
Surtout à vivre “seule”.
Elle va petit à petit combler cette solitude par un tas d’autres activités qui vont lui permettre de prendre du recul sur sa vie passée.
A mesure qu’elle comble, elle sent un apaisement dans ses tempêtes permanentes qui lui font penser qu’elle doit avoir pris le bon chemin.
A l’aube de la cinquantaine, elle découvre la paix intérieure.
Elle découvre aussi qu’elle a rendu les autres responsables de ses manques, qu’elle était tellement avide d’amour, qu’elle étouffait et les autres et elle même.
Elle prend conscience de ses forces et de ses faiblesses.
L’étape suivante consiste alors à accepter ses faiblesses et refaire une pause.
Puis elle s’attaque à ses faiblesses.
De quoi souffre-t-elle au fond ? d’un manque d’amour. Celui qu’elle n’a pas eu enfant.
Le conditionnement a alors fait qu’elle est devenue dépendante des autres.
Des autres ? oui, mais surtout de ses parents qui sont le seul repère “affectif” pour elle.
Elle va même jusqu’à ne prendre aucune décision importante sans leur aval.
En fait, elle doute de tout et ne s’en rend pas compte.
Un achat ? … pourvu qu’on lui dise que c’est beau et bien choisi, sinon, elle va se mettre à détester l’objet/vêtement/meuble acheté.
Une rencontre … pourvu que ses parents apprécient ! sinon, le doute va s’installer rapidement.
Evidemment, aussi, les parents de Laurence ont quasiment instauré un “no man’s land”. Alors il lui est difficile d’imaginer que tout étranger puisse avoir une quelconque valeur !
Elle dépend complètement d’eux.
Tant dans leurs jugements que dans ses conduites.
Elle n’a, jusqu’alors, quasiment pas maîtrisé sa propre vie privée.
Sa vie professionnelle a été épargnée, elle a même très bien réussi, puisque personne ne pouvait “y toucher”.
Evidemment, tout ça, elle l’a payé très cher en souffrance.
Pour éviter cela, encore aurait-il fallu qu’elle soit consciente de son mode de fonctionnement.
Elle a toujours cru que ses besoins ne pouvaient être satisfaits que par les autres. Besoins affectifs, évidemment.
Quand elle découvre qu’elle peut exister indépendamment des autres, Laurence découvre en même temps ce qu’est le vrai bonheur, le vrai calme.
Manquer de confiance en soi est une chose terrible car d’une part, il fait souffrir, d’autre part, il nous met à la merci des personnes qui pourraient en abuser, et que ne s’en priveront pas !