Les relations que l’on établit sont, pour la quasi majorité, fonction des relations qui ont été créées avec nos « référents » (parents dans la plupart des cas) lorsque nous étions enfants.
Elles signent en fait le style d’attachement que nous sommes capables d’avoir, une fois devenus adultes.
Il en existe 4 qui sont basées sur le niveau d’anxiété liée à la relation et le niveau d’évitement que l’on met en place par rapport à l’autre.
- le secure (sûr de lui et proche affectivement et physiquement)
- le préoccupé (peu sûr de lui et très/trop attaché)
- le craintif (peu sûr de lui et très peu démonstratif/attaché)
- le détaché (sûr de lui et peu/pas du tout démonstratif, froid)
Il y a donc 10 interactions (relations) possibles.
Il nous appartient de nous poser les questions relatives à notre relation amoureuse de façon la plus objective possible.
Ces questions doivent porter sur soi :
- la façon dont on vit la relation,
- le plaisir et le besoin de proximité ou de distance,
- l’assurance de la réciprocité, de la stabilité de la relation,
- la confiance en l’autre , la confiance dans la relation, la confiance en soi
- le niveau de plaisir autant que le niveau de souffrance qui existent…
mais aussi sur le comportement du partenaire.Une relation qui convient est une relation dans laquelle on se sent en « sécurité affective » et dans laquelle par conséquent, on ne se pose aucune question.
C’est la relation « secure/secure ».
Celle où chacun est sûr de lui et a confiance en l’autre.
Le niveau d’anxiété est très faible et il n’y pas d’évitement particulier (intimité, échanges, équité, proximité intellectuelle, affective et physique sont au rendez vous).
Aucun ne pense ou craint être « dépendant affectif » puisqu’il donne autant qu’il reçoit, en trouvant ça tout à fait normal. Il se sent libre d’aimer en paroles ou en gestes.
Celle que beaucoup de gens recherchent tout en n’ayant pas forcément le comportement adéquat pour y parvenir !
Autre style, beaucoup moins « payant » : le détaché.
Celui-ci a un niveau d’évitement élevé tout en étant peu anxieux, au moins, en surface car il apparaît très sûr de lui. Il serait plus juste de dire qu’il ne montre quasiment aucun signe d’inquiétude sur la solidité de la relation.
Le détaché, qui maitrise ses émotions et ne se laisse donc jamais aller à des épanchements, a en fait une vraie peur (non consciente) de s’attacher, justement pour ne pas souffrir si l’autre partait.
Il a probablement été élevé dans un milieu où la tendresse alternait avec la froideur ou l’indifférence, sans raison apparente ou justifiée.
Il est parfois l’archétype du « Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis. »
Son comportement n’a pas fini de vous surprendre (si vous avez un style « secure ») ou vous faire paniquer (si vous avez un style craintif ou préocuppé) :
- pas de réponse aux questions posées (les justifications aux non-réponses sont encore plus surprenantes et incohérentes)
- livre peu d’informations sur lui même (reste secret sur ses activités, ses relations, son passé, …) car il accorde difficilement sa confiance
- pas de signes d’attachement (vocabulaire amoureux très pauvre voire, dans le pire des cas, peu valorisant sur l’autre)
- absence totale de recherche de proximité ou d’intimité (excuses variées, de moins en moins convaincantes)
- absence de paroles et gestes tendres / amoureux
- froideur totale face au désarroi de l’autre : il ne possède aucun geste ou vocabulaire permettant d’aider l’autre dans sa détresse, pouvant même aller jusqu’à lui dire qu’il a tout pour être heureux(se) (m’enfin !)
- usage de paroles blessantes quelquefois sous couvert de « plaisanteries » (ben voyons !)
- retournement des situations contre le partenaire qui devient « excessif » lorsqu’il demande le minimum (et il finit par en demander de moins en moins, fatalement, surtout s’il est secure). Il peut même aller jusqu’à vous reprocher ce que précisemment, lui, fait. (tant qu’à faire !)
- incapacité à demander que l’autre prenne soin de lui (mais sera ravi néanmoins si l’autre le fait volontiers, surtout s’il est craintif)
- absence totale d’objectivité vis à vis de lui même (trouvera des excuses ou pire, accusera l’autre)
- le souhait – légitime – de l’autre de se rapprocher crée chez le détaché une peur (parfois panique) et une avalanche d’excuses/explications ou un silence de marbre
- les discussions ne portent quasiment jamais sur la relation (et pour cause !) mais sur des sujets « neutres » qui ne l’engagent que très peu
- il préfère la solitude et pourtant la vit très mal
- il choisira donc un style de relations distantes (moralement et/ou géographiquement) où il pourra gérer comme il l’entend la prise de contact, le temps de contact également, tout en restant aimable (il gérera ses émotions en dehors des moments d’échanges)
- le détaché peut disparaître sans crier « gare » et couper tout moyen pour le joindre ; réapparaitre de façon on ne peut plus naturelle en évitant de se justifier ou en donnant des explications « douteuses »
- pour éviter l’engagement total dans la relation, le détaché va se jeter corps et âme dans son travail ou dans un loisir, une occupation quelconque qui lui prendra beaucoup de temps (et donc d’énergie, lui permettant par ricochet d’éviter toute discussion et trop de temps à passer avec le partenaire)
- ses émotions (négatives) sont disproportionnées, il est quasi incapable de s’excuser (il le fera légèrement au début puis plus jamais en accusant l’autre d’exagérer par exemple)
La difficulté face à un détaché est son incapacité à être objectif vis à vis de lui même car il ne peut reconnaître la peur qui le motive : celle d’être abandonné.
Sa carapace le protège depuis longtemps et n’est plus une seconde nature (mise en place dans l’enfance) mais sa vraie nature.
Il aura donc du mal à entendre les conseils qui seront peut être prodigués au début par le partenaire ou quiconque voudrait « l’aider » (il avoue rarement avoir besoin d’aide).
Pourtant, un regard sur son propre comportement l’aiderait sans doute à entrer « à fond » dans une relation saine qui lui permettrait de guérir ses blessures passées, si tant est qu’il ne l’ait pas fait via une psychothérapie.
Prendre conscience que l’évitement cache la peur de l’abandon rendrait un grand service au détaché qui pourrait (enfin) se laisser aller.
Interactions possibles avec les autres styles :
- Détaché / secure :
Au début de la relation, le détaché va paraître sûr de lui au secure et une tentative est donc faite. Mais rapidement, le secure se rend compte de l’absence de réciprocité et d’engagement et risque fort de se sauver à toutes jambes. Son besoin d’affection n’étant que rarement comblé et plus souvent renié.
Le secure n’insistera pas sur l’absence de réponses aux questions (par exemple) mais « notera » , comparera et finira par se lasser du trop plein de non dits.
Le détaché obtient donc ce qu’il sème ! Il souffrira probablement plus que le secure. - Détaché / craintif :
étant opposés dans leur niveau d’anxiété liée à la relation, elle risque d’exploser rapidement et se transformer en drame. Le craintif, si son niveau d’évitement à l’autre n’est pas trop important, ayant un besoin excessif de démonstrations amoureuses, va vite souffrir et pousser le détaché dans ses retranchements. Le détaché ne supportera pas
l’excès de demandes et partira. - Détaché / préoccupé :
ils sont à l’opposé sur les deux niveaux (évitement et anxiété). Le préoccupé cherchera vite à étouffer le détaché autant par ses mots que par ses comportements. La relation peut tenir selon la façon dont le préoccupé va signifier ses manques au détaché. Cependant, ni l’un ni l’autre ne peut être heureux de cette opposition. Souffrance garantie. - Détaché / détaché :
probablement la relation « idéale » dans l’absolu (pour un détaché).
Concrètement, l’un se voyant inconscienmment dans l’autre, cela risque fort d’amener à la rupture. Rupture consentie de part et d’autre, sans heurts et sans explications nécessaires. (une rupture, pour un détaché, est « logique »)
Commentaires
Interessant , et certes vrai en partie…. mais ce qui ressort de ce genre d’analyse scientifisée, théorisée, quantifiée etc….c’est que in fine le discours s’oriente ( et c’est logique qque part vu le cadre évoqué et le contexte) vers/sur les échecs, les clivages, les incompatibilités mises en exergue….. alors que un principe bien supérieur aux “théories humaines…” existe, immuable, incontournable ( d’où l’échec et l’état actuel de la société humaine…) , principe que tout un chacun à la base devrait respecter et qui est plein de positivisme ( et nous n’en serions alors pas là lol ) : ” il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir” !….
Bien d’accord !
et surtout, cesser de culpabiliser dans une relation amoureuse !
Ceci dit, un comportement reste un comportement. On les voudrait , pour la paix de tous, positifs.
Il n’en reste pas moins que ça existe et qu’il faut savoir se regarder agir et regarder l’autre aussi afin justement, de rester dans le positif
(pour info, j’ai connu un vrai détaché – pur sang !!!- qui disparaissait pendant des semaines et réapparaissait soudain sans un mot d’explications, ce n’est ni une théorie, ni une analyse, juste un FAIT ; j’en ai connu un autre qui, pour être dans l’évitement total, mettait la radio ou la TV, avait toujours un truc à faire et rendait impossible un échange de plus de 4 phrases ! et je parle là juste d’amis, j’imagine à peine ce que devait donner une relation amoureuse avec eux !)
Et vouy,mais ,il faut changer de société peut etre ?
Bonjour .
Comme je me mefi de ces choses .
Bye.
Bonjour,
Pourquoi changer de société ?
Il suffit parfois juste de se regarder faire et vérifier si notre comportement colle à ce que nous voulons vraiment…
Pour s’en méfier ?
ça ne s’appelle pas relativiser ?
Il y a également des facteurs extérieurs qui peuvent influencer le comportement comme par exemple l’environnement ou l’entourage.
Oui !
Et puis, une rencontre, LA rencontre peut tout aussi bien faire devenir confiant un évitant !
Et là, ça s’appelle positiver
J ai lu votre article sur l attachement et je viens de comprendre pourquoi ma situation avec mon amie ne pouvait pas être viable moi j étais préoccupé et elle détachée
Merci
Gilles
Bonjour et Bienvenu Gilles.
C’est capital de comprendre à la fois son propre fonctionnement et celui de l’autre. Reste à savoir comment on peut parvenir à le modifier pour faire d’autres pas en avant, tout aussi important.
Bravo pour votre objectivité ! c’est très rare de parvenir à l’être pour soi !
Merci
C est ma quête Je l avoue avec peu de succès
Et je voulais rajouter que pour mon amie c était ma perception
L’important est déjà de reconnaitre son comportement. Ensuite, tenter de voir tout ce qu’il engendre de négatif. Généralement, ça aide à en changer plus vite.
La compréhension de tout cela n’est pas “linéaire” et il arrive qu’on stagne pour mieux redémarrer ensuite. Continuez surtout !