La peur de manquer

Un de mes fils me demande hier ce qu’est une névrose.

Je lui explique succintement qu’il s’agit d’un trouble du comportement dont on est souvent conscient des conséquences mais qui n’est pas toujours identifiable pour nous dans son fonctionnement originel et quotidien.
On ne se rend pas compte réellement qu’il y a problème.

Et pour illustrer mon propos, je lui prends des exemples :

- untel qui "boucle" sur son problème existentiel depuis des années et qui ressasse toujours la même chose,

- unetelle qui n’a jamais voulu apprendre à conduire et qui en plus, est une passagère épouvantable puisqu’elle hurle au moindre souci,

- untel qui n’a pas mûri, est resté l’adolescent en quête d’amour maternel et qui est donc insatisfait en amour parce que ses conquêtes ont quelques longueurs d’avance,

etc

Il en déduit alors que tout le monde n’est pas névrosé.
Je lui réponds que cela dépend du chemin parcouru mais que la plupart d’entre nous, du fait de l’existence même que nous menons dans notre civilisation, développe des névroses plus ou moins graves. C’est à dire qui ont des répercutions plus ou moins importantes sur notre quotidien.

J’illustre par l’exemple concret d’une personne qui n’avait pas conscience d’une névrose pourtant bien installée :

Un jour, son frère étant dans la cuisine avec elle, voit le contenu de ses placards. Il lui dit ironiquement : "hé bé ! tu ne manqueras pas de gâteaux ! tu as fait le plein pour le mois ?"

La remarque anodine a fait son chemin : elle réalise soudain que non, ce n’est pas pour le mois : c’est toujours comme ça. Ses placards, son réfrigérateur sont toujours pleins.

Retrouver de où venait cette habitude n’a pas été très difficile.
Il y a plusieurs années, son mari est parti, la laissant seule avec les enfants, avec des ressources qui n’en portaient même pas le nom.
Elle a galéré plusieurs mois ainsi et sa peur la plus évidente était de ne rien avoir à leur donner à manger.
Elle a développé "la peur de manquer".

Alors, dès qu’elle a retrouvé un travail, sa priorité a été de remplir les placards.

Il ne lui a pas fallu très longtemps pour "guérir" de cette drôle d’habitude. Il a suffit de prendre une autre habitude : lister les repas pour la semaine, acheter ce qu’il faut en fonction et reprendre confiance dans l’avenir.

Elle n’était pas consciente de cette névrose puisque dès qu’elle surgissait, elle la comblait très vite.

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