C’est le but !

Souvent, quand on me raconte des relations plutôt malsaines, il y a : le protagoniste et celui qui reçoit en pleine figure ce qui ne lui est sûrement pas destiné. Pour ce que j’en sais, en tout cas.

Quelque soit l’âge, je constate le manque de détachement que l’on peut avoir face à une injure, une critique, un mot déplacé.

D’une part, sauf si (il faut être honnête), ce que l’on nous dit est juste, il peut être intéressant de connaitre les raisons qui poussent l’autre à nous fusiller ainsi.
D’autre part, et ça me semble capital, il faut savoir de qui ça vient : soit on aime, soit on n’aime pas le tireur.

Prenez une cours d’école. On pense y voir des innocents. Bien souvent, il suffit de tendre l’oreille pour entendre des “méchancetés” fuser dans tous les sens.
Le but inconscient du petit est de blesser bien sûr, mais comme il n’a aucun moyen pour comprendre les raisons qui le poussent à le faire, il continue. Personne pour enrayer le processus.
Il continue d’autant plus volontiers lorsqu’il voit l’autre petit bout commencer à pleurer.

Quelques années plus tard, on le retrouve adulte prenant un malin plaisir à blesser à un niveau supérieur.

Prenez donc garde à vos réactions … sachez que ces grands spécialistes des critiques et mots acerbes en tout genre recherchent dans votre regard la blessure :  il n’attend qu’une chose : avoir atteint son but !

Demandez vous aussi si vous avez envie qu’il continue à gagner …


Publié dans:  on 21/10/2009 at 20:18 Commentaires (6)

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6 commentaires Leave a comment.

  1. Quand j’étais petit, on me disait souvent qu’il ne fallait pas répondre à ceux qui nous cherchent querelle, qu’ils finissent alors par se lasser et nous laisser en paix.
    J’ai appliqué.
    Ça n’a jamais marché.
    La victime qui ne réplique pas est la victime idéale pour les sadiques.
    C’est un jeu fascinant que de la voir encaisser. Rien pour lasser l’autre, au contraire.

  2. J’aurais tendance à dire qu’il ne faut en effet pas répliquer, car ça alimente encore d’avantage. Maintenant, tout dépend comment on réplique.
    L’autre recherche de toute façon une réaction émotionnelle forte chez sa victime : colère ou peine.

    Alors, soit il faut faire preuve d’indifférence totale. Soit d’une émotion toute contraire à celle attendue : éclat de rire, sourire (le sourire ironique sera l’idéal) ou froideur totale.

    C’est sans doute difficile parce que c’est un réflexe presque animal chez nous de nous défendre contre l’attaque incompréhensible ou injuste.
    Mais ça marche ;-)

  3. Dans un film (qui ne marquera pas l’histoire du cinéma), Patrick Swaize explique comment rester “cool” devant l’insulte qui n’est selon lui qu’une attitude destinée à déclenchée une réaction pré-déterminée, en l’occurence la recherche de la bagarre.

    Cette anecdote pour dire que je partage l’avis d’Emma. Rester “cool” me paraît préférable.
    Quelle importance donner à une insulte si elle n’est proférée que dans le but de faire mal ?
    Si on réagit comme le souhaite “l’insulteur” (réaction pré-déterminée…), on lui donne raison et il a gagné.

    Peu importe d’ailleurs que l’insulte soit juste ou pas.
    Si elle est juste, acceptons-en la nature mais comme le reflet du miroir après une soirée trop arrosée : on fera tout pour corriger cela mais on ne casse pas le miroir pour autant.
    Si elle est injuste, l’insulte ne mérite que le mépris, manifesté par l’indifférence voire un sourire moqueur.

    On peut aussi répondre sur le même terrain, à savoir répliquer par un mot d’esprit qui déstabilisera l’initiateur de la joute verbale. Mais ce n’est pas chose aisée !

    Je terminerais par cette histoire lue récemment : un professeur entre dans sa classe et voit au tableau l’inscription “Monsieur X est un con”. Se retournant vers la classe, il explique : “vous faites sans doute allusion à ce mot qui vient du moyen-âge “conil” qui désignait un lapin à la queue touffue, qui par assimilation et transformation a désigné la touffe de poils pubien féminin. Vous me faites grand honneur de comparer un enseignant à ce qui est à l’origine de la vie…”

    L’histoire rapporte qu’il a obtenu un franc succès auprès de ses élèves médusés ! N’aurait-il pas eu un franc chahut s’il avait eu la réaction pré-déterminée, à savoir la colère et un éventuel “devoir surveillé” infligé à cette classe ?

  4. Je serais curieuse de savoir de quel genre de classe il s’agissait … j’imagine certaines classes où la réaction aurait pu être tout autre !
    Je pense pour ma part que j’aurais demandé “pourquoi”, peut être qu’il y a des choses intéressantes à apprendre dans ces cas là.

  5. Ce professeur, justement, n’est pas resté indifférent.

    Emma, vous parlez d’insulte destinée à provoquer. Toutes ne le sont pas dans cette intention. Vous ne semblez jamais avoir connu le comportement à l’origine du harcèlement. C’est la cruauté, pas la recherche d’un affrontement. C’est la curiosité malsaine, presque scientifique, de voir l’érosion se produire en dépit de tout. C’est la jouissance d’exercer un pouvoir sans jamais en subir de contrecoup.
    C’est d’autant plus vrai que l’indifférence est un “truc” usé jusqu’à la corde. Des milliers de professeurs et de conseillers scolaires sans imagination l’ont servi aux enfants-victimes de partout. Vous croyez que ça a pris combien de temps avant que les “bullies” ne pigent le truc? pas plus de quelques semaines. Après, c’était plié. Ne pas réagir, c’est appeler davantage de souffrances.

  6. Je suis bien d’accord avec vous concernant les attaques d’un harceleur. Et ne vous y méprenez pas me concernant … si vous saviez …
    Ceci dit, je maintiens que l’indifférence – hors harcèlement – reste la stratégie la plus sûre, parce que je l’ai testée. De là à dire qu’il ne faut jamais réagir, non !
    Mais relisez moi, je ne parle pas des spécialistes en harcèlement moral. C’est d’un tout autre ordre, je le sais.
    Quant au fait que l’adversaire comprenne, grand bien lui fasse.
    Mais nous parlons là de personnes qui sont hors de notre sphère privée ou professionnelle (hiérarchique, j’entends).

    Mettre un genou, un seul, à terre face à un harceleur, c’est nous condamner. La réaction neutre n’est pas forcément possible mais il existe des stratégies, non des formules magiques.

    Quand on connait les armes de l’adversaire, c’est un atout non négligeable. Tant qu’on a encore la force pour s’en libérer, bien sûr.

    Ensuite, il appartient à chacun de décider ou non de l’impact des “trucs usés”.


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