Tentons de répondre à la question posée précédemment.
Pourquoi Pierre a-t-il donc épousé une femme qui ne lui apporte pas du tout l’affection dont il a tant besoin ?
L’amour étouffant de sa mère, le statut d’enfant roi dont il a bénéficié, tout ça aurait du être stoppé par la présence du père.
Ce père est bien présent, aimant, mais il ne joue pas son rôle de séparateur.
Fierté de père d’avoir un fils ? peut être.
Il serait sans doute intéressant pour Pierre de connaitre l’histoire de ses parents.
Ces relations “croisées” qui ne se défont pas puisent parfois leur origine dans des histoires de famille ancienne.
Sa mère a sans doute eu une relation particulière avec son père. Trop fusionnelle peut être.Toujours est-il que Pierre ne parvient pas à régler son problème oedipien.
Il est tant choyé.
Sa mère entretient pendant trop longtemps tout ça sans lui laisser l’autonomie dont il a besoin pour devenir un adulte, un homme.
(je n’aurais pas été surprise que petit Pierre soit asthmatique.)
Inconsciemment, pourtant, Pierre va sentir que ça ne lui convient pas.
Il va donc choisir un métier qui l’oblige à s’éloigner du cocon familial. Pour respirer. Pour tenter de grandir.
Métier où on y rencontre principalement des hommes.
Recherche-t-il une figure identificatoire ? possible. Fort possible.Deux “personnages” se battent en lui : le jeune qui cherche l’identification en adulant certains de ses chefs, le plus petit qui se rebelle contre l’ordre établi.
Dans un milieu où l’ordre établi est justement la base du système !Il s’éloigne donc. A droit aux reproches de sa mère qui considère qu’il l’a abandonnée.
Cette mère qui ne parvient pas à “compenser” avec sa fille qui elle, souffrant de manque d’amour, n’a pas voulu s’éloigner de sa famille.Seulement voilà, petit Pierre ne veut pas trahir sa mère. Il épouse alors une femme dont il se dit amoureux mais qui elle, n’a pas grandi non plus.
Très attachée à sa propre famille, elle l’autorise à s’immiscer dans sa vie de couple jusqu’à l’envahissement, l’étouffement (aussi !).
Cette femme qui – tiens donc ! – a choisi un métier dans un milieu d’hommes…
Un métier où les hommes commandent et rarement les femmes.
Alors qu’elle a précisemment une mère qui semble être très dominatrice (tout en douceur).Petit Pierre ne trahira pas sa mère : sa femme n’est pas tendre, elle fonde une famille sans renoncer à celle d’origine. Elle n’est pas complètement impliquée.
D’ailleurs, les circonstances (ah le hasard !) font que Pierre va prendre le rôle (dans une configuration classique) de la mère pour leur premier enfant.
Il va s’en occuper alors que la mère est éloignée pour son travail. Il va établir une relation très fusionnelle avec sa fille telle qu’une mère l’établit “normalement”.En analyse transactionnelle, on dirait de Pierre qu’il est autant Enfant que Parent mais peu Adulte. Il ne s’y autorise pas. Il ne le peut pas.
Parce que derrière, en sourdine, sa mère continue son action dévastatrice.
Elle renie l’épouse choisit. Lance des remarques acides à la moindre occasion et surtout ne rate pas l’occasion de rappeler à son fils qu’il l’a abandonné ! Les rôles sont inversés, nous assistons à des caprices de petite fille.Sa mère dit de lui : “Il n’était pas comme ça avant.” Elle lui interdit, par ce genre de phrases de grandir. Elle le freine dans sa vie d’homme.
Il tolère l’intolérable. De sa femme, de sa mère. Parce que l’homme qui sommeille en lui n’a pas encore eu l’occasion de s’exprimer.Comme l’histoire se renouvelle tant que nous n’avons pas compris ses origines, Pierre a une fille qui est largement en âge d’avoir des petits amis et qui n’en a pas.
Elle sort peu, n’a quasiment pas d’amis.
Son père commence à aller mieux ? Elle se découvre une liberté. Elle commence à la souhaiter.
L’aspect financier va être une large excuse (louable certes) pour qu’elle ne puisse pas encore le faire.
Cet aspect qui reposera sur un autre aspect : le pratique.
Elle a une tonne de choses à emmener, pour s’installer, il lui faudrait un 2 pièces. Trop cher !Tout le monde arrive à s’accorder sur le fait que ce qui est contenu dans 1 seule pièce ne pourra pas tenir ailleurs que dans sa propre chambre, à la maison familiale !
Tout le monde, y compris la mère qui elle aussi a un lien très fort avec sa famille et qui peut être, n’aurait jamais voulu la quitter.
Alors, de grâce, vous les parents, aimez vos enfants, laissez les grandir et surtout, gardez une distance affective dès lors qu’ils commencent à ne plus être des petits !
Nous nous devons d’apporter l’affection nécessaire à nos enfants, mais aussi la sécurité qui leur permettra de s’envoler de leurs propres ailes et de devenir des adultes stables, qui réussiront leur propre vie.
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Je voudrais préciser ici plusieurs choses.
Tout d’abord, je tiens à remercier Pierre pour la confiance qu’il me témoigne.
Je ne suis pas encore installée, c’est donc de façon “amicale” que nos échanges ont eu lieu. Il m’a permis, par le biais de sa confiance, d’avancer pour trouver où ça “coinçait” dans son fonctionnement.
Je le remercie également de m’avoir implicitement autorisée à publier son histoire. Même si, évidemment, il est impossible pour qui que ce soit de le reconnaitre.
Je tiens à préciser une chose qui me parait également essentielle : ce cheminement s’est fait tout en douceur. Le plus dur a été pour Pierre de dire son mal être.
Avouer à quelqu’un d’autre que sa vie ne tourne pas rond et qu’on est profondément malheureux, c’est avant tout se l’avouer à soi même.
C’est plus le constat de ce mal être qui fait souffrir plutôt que le réveil des souvenirs enfouis.
Une fois que l’on a trouvé la ficelle sur laquelle tirer pour vider la pelote, ça se fait tout en douceur, presque naturellement.
Une prise de conscience fait souvent peur et j’entends régulièrement des gens dire : “On ne va pas fouiller dans la m ****”. C’est fort dommage parce que, pour quelques moments difficiles, on s’accorde alors le droit de re /trouver une vraie sérénité et ce, pour des années.
Je puis moi même témoigner que je suis passée par ces moments là. Plus longs, plus compliqués peut être mais tellement salvateurs que je ne regrette pas un instant les puits dans lesquels je suis tombée parfois.
Ils étaient profonds, ils étaient souvent très noirs, mais en en sortant, j’ai trouvé la lumière, le calme, la légéreté et sans doute la sagesse.
Pfiouu
J’adore lire l’histoire de Pierre x)
J’ai rien à discuter là-dessus, donc j’me contente de complimenter (Y)
Une jolie morale que les parents devraient prendre la peine d’appliquer. J’ai heureusement eu des parents qui me laissaient plus ou moins libre, Dieu merci !
Laissez la liberté aux enfants de devenir ce qu’ils veulent devenir. Cela me fait d’ailleurs penser au film “va, vis et deviens”.. vaguement.
Je ne connais pas ce film mais je vais fouiller !
Mes parents sont géniaux sur ce point, mais ma grand-mère, elle, dirige ma vie. J’approche à un mois près mon âge de majorité, et ma grand-mère qui m’élève comme si elle était ma mère depuis tout petit déjà me fait plus peur que mes parents, souvent, je souhaite qu’elle décède enfin, si je continue à la voir, c’est uniquement parce que sans elle, mes parents auraient des soucis financiers. Elle n’est pas si mal finalement, mais elle se rend pas compte du mal qu’elle me fait, de la boule qu’elle me donne au ventre.
J’ai beau essayer de me mettre ce que je veux dans la tête, actuellement, je travaille uniquement pour elle. Vivement l’année prochaine en fac, j’pourrais enfin savoir ce que “Travailler pour soi” signifie.
Bon ca a pas forcément gros rapport avec ton article, mais c toujours ça à discuter x)
Ta grand mère ferait elle par hasard du chantage affectif via l’argent ?
Il faudrait en effet que tu travailles pour toi. Mais passer son bac à 17 ans ne relève pas seulement de ta grand mère. On peut supposer (sans en douter d’ailleurs vu tes nombreux talents) que tu es aussi très doué !
Tu comprendras ce que travailler pour soi veut dire quand tu récolteras ce que tu as semé.
Que tu l’ais fait ou non pour ta grand mère, finalement, c’est bien le résultat qui compte.
Si j’travaillais de mon gré, pour mon avenir, j’aurai pas de soucis ^^
Jusque là j’ai raté tous mes Bac Blancs, et ma moyenne tourne à 9, donc non, je suis pas très doué pour ce qui est des études, mais c’est parce que je deteste faire quelque chose de manière forcée. Je deteste qu’on me dicte ce que j’ai à faire. Le Bac, j’l'aurais, mais sans facilité. Faut dire aussi qu’en Terminale S, j’ai pas mal de soucis avec la Philo, je deteste ca
J’trouve que cette matière, c’est comme pour la musique au collège avec la flute : Ca dégoute. Heureusement j’ai appris la guitare chez un pote et j’ai pu apprécier la musique x)
Je te souhaite sincèrement de l’avoir ce fichu BAC qui ouvre tous les sesames !
Tu n’es pas le seul à détester la philo, il n’y a pas de demi mesure avec cette matière, mais il faut dire aussi que ça dépend du prof et donc pour l’exam … du correcteur
Tu veux faire quoi après ? parce que, mine de rien, TU travailles pour ton avenir, pas celui de ta grand mère quand même !
Ouais bah jvais aller en DUT informatique apres. Ce s’ra plus centré sur c’que j’aime ( Maths/info ) et j’suis déja motivé d’y être.