L’apprentissage

Tout le monde sait (enfin, je l’espère) que l’on retient bien mieux si :

1/ on sait pourquoi on doit l’apprendre
2/ on pense que ça va nous servir
3/ on y trouve un intérêt immédiat

les trois points  réunis (ce serait le nec plus ultra) ou non (mais ça marche aussi).

On ne compte plus le nombre de réformes dans l’enseignement, et pourtant, on peut se demander sur quoi elles pouvaient (pour certaines) se baser.
Or, les chercheurs en psychologie font un tas de découvertes passionnantes régulièrement.
Je me demande si cela sert … ou alors, qu’on me dise où ?!

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Publié dans:  on 27/06/2009 at 07:07 Commentaires (3)
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De la satisfaction d’un besoin… au sacrifice

Je pense avoir trouvé la réponse à la question que je me posais dernièrement ici.

Je me demandais donc comment il se pouvait que l’on reproduise des comportements si on tenait compte de la loi de l’effet mise en avant par Thorndike.
En avançant, je repère d’autres hypothèses.

Tout d’abord, le principe de recommencer ce que l’on connait déjà. Evidemment ! L’inconnu peut faire tellement peur.
Mais cela peut aller au delà …

Du moment que le comportement satisfait un besoin, l’individu va le reproduire.

Or, on sait combien certains sont tant en manque d’amour/d’amitié/ de reconnaissance qu’ils peuvent aller jusqu’à se noyer dans :

–> soit des relations toxiques

–> soit des relations de façade qui finissent tôt ou tard par s’écrouler …

Il est nécessaire de se poser, de réfléchir à ce que tout cela nous amène et ce qui est sacrifié au nom d’un besoin qui finalement, n’est pas si satisfait …

Loi de l’effet

Pour faire simple, cette loi a été mise en évidence par E.L. Thorndike, psychologue américain.
Il a fait apparaître que, selon les conséquences que l’on “subit” d’un certain comportement, soit on l’abandonnera (conséquence négative) soit on le renouvellera (conséquence positive).

Je n’ai pas lu beaucoup au sujet de cette loi mais elle me pose question à un niveau.
J’y réfléchis donc ici.

Si on revient sur le principe du conditionnement évoqué dans  mon billet sur le conditionnement, on peut donc imaginer qu’un comportement que l’on a eu et qui nous a renvoyé une conséquence aversive ne peut se renouveler.
Or, on sait aussi que beaucoup d’entre nous reproduisons des scénarios de vie négatifs alors même qu’ils ne nous apportent que du négatif.

Je suppose donc que le siège de nos comportements et de nos réactions sont à différents niveaux dans notre cerveau.
On sait que le cerveau reptilien est le siège de nos comportements de survie (s’échapper d’une relation destructrice devrait donc en faire partie).
On sait que le cerveau paléo mammalien est le siège de nos émotions (même réflexion).
On sait que le cerveau néo mammalien est le siège de nos comportements dits intelligents (la raison) (réflexion à son paroxysme !).
On sait aussi que ces trois là communiquent normalement bien ensemble.

On sait que l’homme est capable d’élaborer très vite une réponse face à un stimuli qu’il a déjà rencontré.

Peut on dès lors supposer que l’homme s’auto programme lorsqu’il a été conditionné de façon “négative” (un ou plusieurs traumatismes) pour donner la même réponse, quitte à ce que celle ci soit néfaste pour lui ?

Il existe heureusement des méthodes pour se déprogrammer et mettre en place de nouveaux shémas plus positifs.

[NB : ceux qui me diraient que c'est de cette raison que découle la 2° topique de Freud, je leur réponds de suite : oui, je sais, je viens de plancher plusieurs heures là dessus ! Je sais aussi que rien n'est vrai à 100% et que chaque cas est unique. Mais il n'en reste pas moins que la loi de l'effet a ses limites !]

Cas d’école #6 – suite

Tentons de répondre à la question posée précédemment.

Pourquoi Pierre a-t-il donc épousé une femme qui ne lui apporte pas du tout l’affection dont il a tant besoin ?

L’amour étouffant de sa mère, le statut d’enfant roi dont il a bénéficié, tout ça aurait du être stoppé par la présence du père.
Ce père est bien présent, aimant, mais il ne joue pas son rôle de séparateur.
Fierté de père d’avoir un fils ? peut être.
Il serait sans doute intéressant pour Pierre de connaitre l’histoire de ses parents.
Ces relations “croisées” qui ne se défont pas puisent parfois leur origine dans des histoires de famille ancienne.
Sa mère a sans doute eu une relation particulière avec son père. Trop fusionnelle peut être.

Toujours est-il que Pierre ne parvient pas à régler son problème oedipien.
Il est tant choyé.
Sa mère entretient pendant trop longtemps tout ça sans lui laisser l’autonomie dont il a besoin pour devenir un adulte, un homme.
(je n’aurais pas été surprise que petit Pierre soit asthmatique.)

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Cas d’école # 6

Pierre a la cinquantaine. Il est établi de façon “classique” : marié, deux enfants, un métier.
Il est un mari modèle, aux petits soins, prévenant, peu exigeant.
Il est un père modèle, attentif à ses filles qui l’adorent, qu’il adore.
Tout semble aller pour le mieux.
En surface.
Pourtant Pierre sent un besoin particulier, parce qu’il trouve à un moment donné, une personne particulière, de se confier.
Il avoue ne pas être si heureux car il lui manque l’affection de son épouse.
Elle a pourtant annoncé il y a bien longtemps (le répète sans doute aussi régulièrement) qu’elle n’est pas une “tendre”.
Aucun câlin alors que lui, il en a un besoin peut être plus important que ce qui devrait / peut être parce qu’il n’en a justement pas.

Pierre, doucement, au fil des années prend du poids.
Jusqu’à ne plus être l’homme que la femme a connu. Jusqu’à faire dire à cette femme qu’elle ne le reconnait plus.
Jusqu’à en souffrir.

Pourtant, elle ne fait rien pour l’aider à maigrir, lui concocte des petits plats  riches tout en lui reprochant d’en manger.
Elle n’intervient que superficiellement et lui, ne se sentant pas soutenu, ne change rien à ses habitudes.
Il espère qu’elle l’aidera en cuisinant diététique, elle a les talents pour, mais n’en fait rien.

Pierre a eu une maman très affectueuse, qui s’est occupé de lui à l’extrême jusqu’à lui porter le café au lit pendant des années.
Pierre a eu une maman sans doute étouffante. On peut imaginer que Pierre a eu un trop plein d’amour.
D’ailleurs, alors qu’il a un niveau intellectuel plus que correct, qu’il raisonne de façon claire et sensée, il lui arrive d’avoir des comportements “enfantins”.
Dès lors qu’il reçoit de l’affection, le petit garçon en lui se réveille.

Alors, pourquoi Pierre s’est-il laissé grossir ?
On peut se dire que c’était sa façon à lui de montrer qu’il existe, d’appeler et de se montrer.

Pierre est un homme très affectueux, sincère dans ses relations, entier. Il donne, il aime recevoir.
En amitié, il a une sorte d’exigeance qui, loin d’être malsaine, est peu ordinaire.
Il pourra dire d’ailleurs que certaines relations amicales ressemblent à une addiction.

Il n’est pas loin d’avoir tort.
Pierre recherche à se nourrir comme avant, d’affection.
Il a substitué à l’affection absente de son épouse la nourriture qui “compense”.
Celle que l’on relie, enfant, inconsciemment, à l’amour.

Ce sont ces fameuses nourritures affectives.
Le poids qu’il a pris est sans doute proportionnel à la souffrance qu’il a eue (qu’il a) de ne pas avoir cette tendresse tant espérée.

Je cite ici un extrait du livre de Alain Braconnier : Les bleus de l’âme.

“… nous retrouvons ici l’importance des “nourritures terrestres” qui se confondent avec la spère affective. La nostalgie d’un fils envers les nourritures préparées par sa mère symbolise à l’extrême le “paradis perdu” de son enfance et l’attachement à la mère nourricière.”

Que faut-il pour que Pierre puisse retrouver un corps dans lequel il se sente bien ?
Il doit apprendre à renoncer.
Il doit comprendre.

Pierre doit comprendre pourquoi il a fait ce choix d’une épouse aussi peu tendre.
Il doit apprendre à mieux se connaître. Il doit apprendre surtout à renoncer consciemment à exiger quoi que ce soit de qui que ce soit.
Il doit renoncer à cette quête affective  en se consolidant de l’intérieur.

Inversons les processus négatifs

La mise en évidence du conditionnement par Pavlov.
Sujet qui me passionne s’il en est, tant on peut retrouver cet effet dans un tas de comportements humains.

Un peu d’observation permet de faire différents constats.

Prenons l’exemple d’une petite fille dévalorisée par son père. Sa mère lui apporte beaucoup d’amour et d’attention mais son père la dénigre et lui fait clairement comprendre qu’il ne l’aime pas.
Elle grandit.
En plus de la résolution du complexe d’Oedipe (difficile ô combien ici), elle va être conditionnée par l’association homme/image négative (principe de généralisation du processus).
Supposons qu’elle trouve un compagnon qui se met lui aussi à la dénigrer et ce, pendant des années. (il est d’ailleurs fort probable qu’elle ne rencontre que ce type de profil)
Le processus est en place.

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Summerhill A.S. Neill

 On en a parlé ici, je voudrais vous faire partager l’excellent reportage qui a été fait sur cette école.

(merci à Joël de me l’avoir déniché)

On découvre comment A.S. Neill a mis en place une structure permettant d’accueillir des enfants qui, à l’époque, étaient rejetés des structures traditionnelles de l’enseignement.

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Cas d’école # 5

Je n’aime pas “catégoriser”, mais il faut avouer que, une fois qu’on a bien cerné le fonctionnement de quelqu’un, il semble plus facile alors d’imaginer si oui ou non, on peut quelque chose ou s’il vaut mieux passer la main…

Dans les gens qui “vont mal”, je distingue :

- ceux qui sentent confusément un petit truc qui ne tourne pas rond et qui les empêchent d’avancer. Ceux là, dès qu’on leur tend la main, ils la prennent et, en plus, savent prendre ce qu’il y a dedans.

- ceux qui ne se rendent pas compte et qui sont poussés par les proches. Soit ils rejoignent la catégorie ci dessus, soit les suivants, tôt ou tard.

- ceux qui vont mal, très mal et qui appellent au secours depuis longtemps, ne sachant pas trop bien comment, qui, quand, pour combien de temps, mais qui voudraient bien aller mieux et font en sorte que…
Ils trouveront peut être la solution pour se faire aider, oseront ou renonceront, persuadés qu’il vaut mieux ne pas changer plutôt que d’aller vers l’inconnu.

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Publié dans:  on 03/06/2009 at 20:34 Laisser un commentaire
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